Malgré une première session de pourparlers indirects qualifiée de “très positive” par Téhéran, les discussions entre l’Iran et les États-Unis restent suspendues à de lourds points de friction. Sanctions, pression militaire, désaccords de fond sur le périmètre des négociations : autant d’obstacles qui menacent de faire dérailler le dialogue naissant.
Un climat diplomatique très fragile. Sur le papier, le ton est encourageant. À l’issue des discussions tenues à Oman, ce vendredi 6 février, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a salué une “atmosphère très positive” et confirmé la volonté de poursuivre les échanges. Mais derrière ces mots rassurants, les conditions politiques et stratégiques restent explosives.
Ces pourparlers sont les premiers depuis les frappes américaines de juin contre des sites nucléaires iraniens, lors de la guerre de douze jours déclenchée par une attaque israélienne. Un lourd passif qui pèse encore sur la confiance entre les deux camps.
Le désaccord central sur le contenu des discussions
Premier point de blocage majeur : le champ même des négociations. L’Iran martèle que les échanges doivent rester “exclusivement” centrés sur le nucléaire. “Nous n’abordons aucun autre sujet avec les Américains”, a insisté Abbas Araghchi.
Washington, au contraire, souhaite élargir le dialogue au programme de missiles balistiques iraniens et au soutien de Téhéran à des groupes armés hostiles à Israël. Une divergence structurelle qui, à elle seule, pourrait suffire à faire capoter le processus.
La pression militaire américaine
Autre facteur de fragilisation : le déploiement d’une importante force navale américaine dans le Golfe, qualifiée d’”armada” par Donald Trump.
Pour Téhéran, cette démonstration de force est perçue comme une menace directe. Le ministre iranien a prévenu que les négociations ne pourraient se poursuivre que si Washington renonçait à toute “menace”. Dans le camp iranien, la pression militaire nourrit l’idée que les discussions servent avant tout à gagner du temps ou à légitimer une future escalade.
Des sanctions qui sapent la confiance
À peine les pourparlers terminés, les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions visant les exportations de pétrole iranien, ciblant notamment quatorze navires. Officiellement, ces mesures s’inscrivent dans la “campagne de pression maximale” de l’administration Trump.
Mais à Téhéran, elles sont vues comme un signal contradictoire, voire hostile. Comment négocier dans un climat “positif” tout en durcissant l’asphyxie économique du pays ? Cette double stratégie alimente la méfiance et affaiblit les partisans d’un compromis côté iranien.
L’exigence américaine d’une “capacité nucléaire nulle”
Enfin, le fond du dossier reste explosif. Washington exige une “capacité nucléaire nulle” pour l’Iran, selon la Maison Blanche. Une ligne rouge pour Téhéran, qui continue de revendiquer son droit à un programme nucléaire civil, tout en niant toute ambition militaire.
Sans compromis sur l’enrichissement de l’uranium, point d’achoppement récurrent des précédentes négociations, les discussions risquent de s’enliser rapidement.

