Disparu au début du siècle après une quinzaine d’années de succès sur les routes et les chemins, le « Frontera » est revenu en 2025 mais plus dans le même rôle. Proposé en électrique ou essence à hybridation légère, c’est désormais un SUV urbain produit sur la même plate-forme du groupe Stellantis, que le Citroën C3 Aircross ou la Fiat Grande Panda.
À la table bien garnie de la famille Stellantis, chaque marque a droit à son SUV « passe-partout ». Chacun affiche, avec plus ou moins de force, ses différences, sa personnalité ou celle, historique du constructeur mais tous battent avec le même cœur, un cœur plutôt en forme en ce moment. Pour Opel, le Blitz est là bien sûr, même si la face avant « Vizor », incontournable désormais, lui vole la vedette à l’avant. Ce masque noir laqué sur notre modèle d’essai tout de blanc paré ne manque pas d’élégance et pas seulement pour aller au bal !






Tout au long de notre parcours, sur des routes et reliefs très différents et même avec des longues séquences autoroutières (là il faut surveiller la jauge, très « sympathique » par ailleurs), ce Frontera, doté du moteur essence hybride le plus « puissant » (145 ch, le « petit » n’en propose que 110) ne nous a jamais déçus. Plutôt agréable à mener, avec la boîte 6 robotisée à double embrayage impeccable et une réactivité très convenable, le lointain héritier du gros franchisseur que nous avons connu il y a si longtemps fait le job et même un peu plus.




Du classique mais propre
Boucliers spécifiques, feux retravaillés, équilibre des lignes arrondies, le Frontera réussit l’exploit de nous rappeler justement son ancêtre tout-terrain ! À bord, de la place, une habilité appréciable, même au deuxième rang, mais rien de révolutionnaire. Du classique, pas surchargé mais propre. On retrouve ici le cockpit « Pure Panel » d’Opel, dominé par l’écran 10 pouces, facile à apprivoiser, réactif, clair, on ne se perd pas dans les menus, et le combiné numérique de même taille. Le smartphone (Apple Car et Android Auto sans fil) se connecte en deux… secondes, à méditer pour ceux qui imposent de longues séances de jumelage pas toujours couronnées de succès. Mention très bien pour le volant, bien en mains et pas encombré lui non plus par une épidémie de boutons.










Les allergiques aux plastiques durs risquent de bondir mais reconnaissons que le tout est très sérieusement assemblé. Le tissu et la couleur des sièges donnent aussi une excellente impression visuelle. Enfin, au rayon rangements, c’est mieux que sur pas mal de concurrents avec des solutions très accessibles pour tous les objets du quotidien ou presque (on n’a pas essayé le violoncelle mais avec un peu d’imagination…)
Encore un SUV à ne pas déranger…
Pas de révélation sous le capot, nous avons déjà testé à plusieurs reprises le 1,2 Pure Tech, qui ne s’appelle plus comme ça après avoir adopté une chaîne de distribution et, le message est clair, gommé tous ses soucis. En 145 ch, il ne souffre jamais et la boîte à double embrayage qui supporte le bloc électrique, comme nous l’avons déjà précisé, et malgré quelques hoquets à bas régime, se charge de tout sans discuter.





Pas vraiment taillé pour les sensations fortes, le Frontera se conduit plus qu’il ne se pilote, avec sa direction légère, sa position assez haute et sa tendance au sous-virage, mais bénéficie de la consommation qui va bien avec son tempérament. Sobre en ville, pas gourmand à la campagne, il peut toutefois se lâcher sur l’autoroute quand vous restez à 130 km/h (ou plus pour les étourdis…) Encore une nouveauté qui vient rallonger la liste des véhicules à ne pas « déranger »…
Un mot enfin sur l’offre électrique qui s’est élargie cet automne. Proposé d’abord avec une batterie de 44 kWh pour une autonomie de 305 kilomètres, le Frontera de troisième génération a reçu à la fin de l’année un accumulateur de 54 kWh « long range » qui entraîne une baisse spectaculaire de la consommation et autorise une autonomie de 411 kilomètres.



LA FICHE
Longueur : 4385 mm
Largeur : 1795 mm
Hauteur : 1655 mm
Empattement : 2670 mm
Garde au sol : 200 mm
Nombre de portes : 5
Nombre de places : 5
Volume du coffre : 460/1600 litres
Rayon de braquage : 11,3 m
Capacité du réservoir : 44 litres
Poids : 1419 kg
Énergie : essence hybride
Motorisation : 3 cylindres 1,2 l
Puissance : 136 ch/100 kW
Bloc électrique : 21kW/28 ch
Puissance cumulée : 145 ch
Cylindrée : 1199 cm³
Couple : 230 Nm à 1750 tr/mn
Vitesse maxi : 194 km/h
0 à 100 km/h : 8’’3
Transmission : traction
Boîte de vitesses : mécanique robotisée 6 rapports à double embrayage
Consommation mixte : 5,2 l/100 km
Émissions CO2 : 118 g/km
Puissance fiscale : 7 CV
LES +
– le prix d’ami
– l’agrément du trois cylindres
– l’habitabilité
– la boîte auto, discrète et efficace
– une version 7 places disponible en option (700 €)
LES –
– il faut utiliser la clé pour démarrer…
– confort « moyen »
– pas mal de plastiques durs à l’intérieur
– quelques bruits parasites à chasser
LE CHIFFRE
3 > Générations. Vendu à plus de 300 000 exemplaires dans sa première vie sous les cieux de General Motors, le Frontera dévoilé au salon de Genève 1991 était à l’origine un tout-terrain proposé avec deux blocs essence et un turbo-diesel, que la marque allemande a décliné en version 3 portes « Sport ». La deuxième génération, née en 1998 et bénéficiant de nouveautés électroniques importantes n’a « tenu » que six ans. Ensuite, deux décennies se sont écoulées avant le retour du nom « Frontera » l’année dernière avec ce SUV urbain venu remplacer le Crossland.
LE DÉTAIL
Coffre > C’est un des points forts du nouveau Frontera avec un volume de 460 litres bénéficiant d’une large ouverture et d’un plancher bas (le double plancher est de série) qui permet d’embarquer des objets assez encombrants. En rabaissant la banquette, on arrive à une capacité appréciable de 1600 litres et d’une longueur de chargement frôlant les deux mètres. De quoi envisager les départs en week-end et même les petits déménagements avec le sourire.
LE PRIX
28 000 € (gamme à partir de 24 500 €)
LA NOTE
16/20

