Reportage
La mort de deux manifestants à Minneapolis, dans le Minnesota, a montré combien la police de l’immigration repousse les limites de l’Etat de droit. Plus de 10 000 recrutements en quelques mois, une formation réduite à la portion congrue, des pouvoirs exorbitants… L’ICE est devenue le symbole de l’inexorable plongée des Etats-Unis dans l’autoritarisme.
On dirait une forteresse impériale tout droit sortie de « Star Wars ». Un monolithe brutaliste surgi de nulle part entre les bretelles d’autoroutes et l’aéroport, ceinturé de deux rangées de blocs de béton surmontés de grilles hautes de 3 mètres. Un drone bourdonne dans le ciel glacé, des projecteurs aveuglants sont braqués sur l’entrée. Le Bishop Henry Whipple Federal Building est le camp de base de la police de l’immigration américaine, l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, Service de l’Immigration et des Douanes), à Minneapolis, dans le Minnesota, où Donald Trump a jeté ses forces dans sa guerre contre les immigrés. Centre de commandement et de détention, cette citadelle est le théâtre d’un infâme ballet. Jour et nuit, elle aspire et recrache une armée de nervis masqués ressemblant à des Stormtroopers en partance pour leur sinistre mission au volant de leur SUV aux vitres teintées. A leur passage, les manifestants parqués derrière les grilles hurlent au mégaphone des « fuck ICE ! », « nazis ! », auxquels les agents répondent par des saluts de la main, des signes de victoire, des cœurs avec les doigts ou des insultes.
Sur cette ligne de front inflammable émerge de temps à autre une fragile silhouette qui semble remonter de l’enfer. Des détenus libérés au compte-gouttes qui sortent comme ils sont entrés, sans manteau, en pantoufles, sans papiers ni téléphone. Sourire incrédule, grelottant de peur et de froid, Jesu…
Article réservé aux abonnés.
Se connecter
Offre flash
Tous nos contenus exclusifs en accès illimité
S’abonner : 7,99€ 1,99€/mois pendant 1 an
ou

