Peu utilisé ce dernier mois, le demi d’ouverture semble retrouver de l’aplomb dans son jeu. Son entrée au Munster l’a prouvé, et ses qualités devraient être précieuses à Bayonne, ce samedi 24 janvier.
Certains se demandaient ce qu’il lui arrivait. Où était-il passé ? Il est vrai que l’on a peu vu Enzo Hervé ces derniers temps. “Un choix”, justifiait d’ailleurs le manager castrais Xavier Sadourny début janvier. Car depuis sa titularisation à Montpellier le 20 décembre, Enzo Hervé n’avait pas figuré sur les deux feuilles de match suivantes (Lyon et Stade Français), avant de se contenter de neuf faméliques minutes lors de la réception de Bath, le staff lui préférant Pierre Popelin et Louka Guilhot, dont les qualités d’attaquant sont plus prononcées.

“Ce sont les choix des coachs, relativise Hervé au sujet de cette période creuse. Pierre a signé de bonnes prestations auparavant. Le staff sait que je suis prêt, et qu’il peut compter sur moi. Quand il y a besoin, je suis là.” Notamment pour jouer un rôle primordial lors du succès acquis au Munster samedi 17 janvier (31-29). Entré en jeu assez tôt en seconde période à la place de Popelin (47), pendant que l’orage irlandais grondait, le Périgourdin a plus que tenu la barre.
“Il a été efficace, là où on l’attendait, saluait son manager dans les coursives de Thomond Park. C’est un joueur d’expérience. Il sait que quand il rentre, il aura peu de cartouches. Il a pesé sur la rencontre, en convertissant deux transformations pas évidentes qui nous font au final gagner.” Les deux en coin, l’une à droite et l’autre à gauche, sans oublier sa passe sautée, et décisive, sur l’essai de Geoffrey Palis pour repasser devant.
Un état d’esprit toujours “conservé”
“Je travaille le plus possible afin de maximiser mes chances dans cet exercice. Même quand quelques mots doux s’échappent du bord du terrain (sourire). Ça m’a souri et bien pour l’équipe, et pour moi. J’aime ressentir cette pression sur mes épaules.” Son entrée dans un contexte difficile prouve que le natif de Bugue retrouve de la confiance après avoir séduit pour ses débuts dans le Tarn. Traduisant ainsi son état d’esprit, salué dès son arrivée. “Quand tu n’enchaînes pas les matchs, tu pourrais un peu sombrer. Au contraire, lui a conservé son état d’esprit et il est récompensé”, indique Julien Tastet, l’entraîneur des avants du CO.
Un investissement et des performances qui ne sont pas étrangers à sa titularisation à Bayonne ce samedi 24 janvier. D’autant que les qualités de l’ouvreur risquent de compter à Jean-Dauger. D’une part vu le “jeu de dépossession pratiqué par l’Aviron”, rappelle Tastet, dans le sillage de l’artilleur Joris Segonds, d’autre part vis-à-vis des conditions climatiques annoncées. Il est toujours de bon ton de disposer d’un pied de qualité quand le mauvais temps s’invite. “Il a une capacité mentale assez forte, loue le Landais. Cette prestation au Munster lui a redonné confiance, comme à l’ensemble du groupe d’ailleurs. Pour ce week-end, on sait qu’une bataille de jeu au pied s’engage. C’est un secteur où il est performant et on sait qu’il fera un grand match.” Pour engranger encore plus de confiance.

