January 20, 2026

Crash de l’avion-cargo d’UPS : Boeing était au courant du problème depuis 2011 mais il avait estimé qu’il n’y avait "pas de risque pour la sécurité des vols"

l’essentiel
Le crash d’un avion-cargo d’UPS met Boeing dans la tourmente. Le NTSB révèle en effet que l’avionneur connaissait depuis longtemps les défaillances sur une pièce structurelle responsable de l’accident. Il n’a pourtant pas jugé bon de la remplacer. Explications.

Cette information révélée par le bureau d’enquête américain NTSB accable une nouvelle fois Boeing. Après le crash de l’avion-cargo d’UPS le 4 novembre dernier sur l’aéroport de Louisville (Kentucky), les enquêteurs avaient déterminé dans leur rapport préliminaire qu’une pièce sphérique défaillante était à l’origine du décrochage du moteur gauche au moment du décollage.

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Mais après avoir mené des investigations complémentaires, le NTSB a découvert que l’avionneur américain était au courant de ces “fissures de fatigue” depuis de très nombreuses années.

La pièce sphérique et les éléments de fixation après leur démontage de l’aile gauche du MD-11 d’UPS.
La pièce sphérique et les éléments de fixation après leur démontage de l’aile gauche du MD-11 d’UPS.
NTSB

“Pas de risque pour la sécurité”

Dans une lettre de service datant du 7 février 2011, Boeing, le constructeur du McDonnell Douglas MD-11, avait en effet informé les compagnies qui exploitaient l’appareil du problème. Elle indiquait que “quatre défaillances de bagues de palier sur trois avions différents” avaient été identifiées. Le problème, c’est que l’avionneur n’a jamais exigé le remplacement de cette pièce structurelle.

Selon sa note de service de l’époque, il avait en effet estimé, après analyse, “qu’elle ne présentait pas de risque pour la sécurité des vols”, et qu’une inspection visuelle du support arrière du mât réacteur tous les 60 mois suffisait. L’accident de Louisville, qui a coûté la vie à trois membres d’équipage et douze personnes au sol, prouve qu’il s’est lourdement trompé. Le NTSB travaille actuellement à retracer l’historique de la correspondance entre Boeing et l’Agence américaine de l’aviation civile (FAA) sur cette épineuse question.

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D’après les données de la boîte noire qui enregistre les paramètres de vol (Flight Data Recorder), l’avion n’a pas dépassé les neuf mètres de hauteur.
D’après les données de la boîte noire qui enregistre les paramètres de vol (Flight Data Recorder), l’avion n’a pas dépassé les neuf mètres de hauteur.
NTSB

Immobilisation prolongée

Depuis le crash de Louisville, la FAA a cloué au sol tous les avions MD-11 mais aussi les DC-10 qui partagent une conception similaire pour le montage des moteurs. Une centaine d’avions, exploités principalement par UPS et FedEx, sont concernés dans le monde. Pour pouvoir les remettre en service, les opérateurs vont devoir s’armer de patience et attendre les nouvelles procédures d’inspection extrêmement détaillées et complexes de Boeing. Ce n’est qu’à ce moment-là que les transporteurs pourront inspecter leurs appareils et procéder à d’éventuelles réparations. Leur retour dans les airs n’est donc pas attendu avant sans doute plusieurs mois.

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