Jugé vendredi 16 janvier 2026 à Cahors, un jeune homme de 20 ans a été condamné pour une succession d’outrages, de menaces et de dégradations aux urgences de Figeac, révélant une personnalité instable, déconnectée et incapable de mesurer la portée de ses actes.
L’affaire commence comme une banale prise en charge médicale, mais très vite, les faits dégénèrent. Le 2 novembre 2024, un jeune homme pressé arrive pour une crise de foie aux urgences du centre hospitalier de Figeac. Impatient, impoli, il est persuadé que l’attente lui est insupportable. Son comportement passe très vite d’intrusif à agressif. Les noms d’oiseau fusent contre les soignants. “Je vous pisserai dessus…” Les menaces surgissent contre le vigile, puis il part. Les plaintes suivent. En mars 2025, une composition pénale aurait pu enrayer cette spirale de violence. Elle ne sera finalement pas validée.
Quelques mois plus tard, dans la nuit du 4 juin 2025, la colère s’est transformée en ressentiment. Une bouteille de bière est projetée, des poubelles cassées. Les portes du sas seront endommagées. Il y en aura pour près de 1 300 euros de réparation. Les insultes fusent. Il reproche au personnel d’avoir porté plainte. “Salopes, vous avez porté plainte contre moi”, “je vous avais dit que je reviendrai”, “maintenant, je sais où vous habitez”, “je vais vous faire du sale”, les propos rapportés sont durs, l’attitude déconnectée. Au tribunal, il admet les faits, mais minimise. “J’ai déconné tout simplement”.
Le 3 août 2025, l’alcool agit encore comme un accélérateur. Signalé devant les urgences, il insulte, repart, puis revient. Les gendarmes interviennent. Là encore, il provoque, invective, se débat. “Salope… Je vais t’enculer”, lâche-t-il, entre autres insultes, à une gendarme. Les images d’une caméra-piéton montrent un jeune homme incapable de se maîtriser, oscillant entre arrogance et agitation. Il explique avoir bu et voulu “s’excuser” malgré… les mises en garde de son frère. “Je sortais d’une fête de village”.
“Je suis contre, je ne suis pas d’accord.”
Lors de l’audience correctionnelle tenue à Cahors le vendredi 16 janvier 2026, le tribunal tente de cerner la personnalité du prévenu. Sans emploi, sans ressources stables, vivant au gré des hébergements, il est perdu et en colère. Il affirme ne pas être addict à l’alcool, tout en reconnaissant que celui-ci “le rend mauvais”. Il admet avoir “déconné”, sans toutefois exprimer une réelle empathie envers les victimes.
Ce décalage frappe l’ensemble des acteurs de l’audience. Lorsqu’est évoquée la peur ressentie par les soignants, il reste silencieux. En revanche, la perspective d’un affichage de la décision devant les urgences, requise par la procureure, provoque sa colère. “Je suis contre, je ne suis pas d’accord.” Comme si l’atteinte à son image comptait davantage que la souffrance infligée. La procureure décrit un profil préoccupant : un jeune homme qui supporte mal la frustration et l’autorité, transformant chaque contrariété en affront personnel, au risque de désorganiser un service hospitalier et d’angoisser les équipes.

Le tribunal le condamne finalement à six mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans, assortis d’obligations de soins et de travail, de l’indemnisation des victimes à hauteur de près de 3 000 euros, d’une interdiction de paraître au centre hospitalier de Figeac (sauf pour se soigner), d’un stage de citoyenneté et d’une amende de 150 euros avec sursis. La décision sera également affichée pendant un mois devant les urgences. Jusque-là presque apathique, le prévenu s’emporte à l’énoncé de cette peine complémentaire. “Vous n’avez pas le droit de le faire.” “Vous pouvez faire appel”, lui répond le juge. “On fait comment pour faire appel ?”, seront ses dernières paroles audibles.

