Emmanuel Macron et Donald Trump (montage). THIBAULT CAMUS, ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
Vous avez décroché de l’actualité ? Voici les principales informations à retenir de ces samedi 17 et dimanche 18 janvier.
• Trump menace les Européens sur le Groenland
Dans un message au ton agressif, Donald Trump a accusé samedi huit pays européens – dont la France – de jouer à « un jeu très dangereux » au Groenland, après l’envoi de militaires sur place en réponse aux velléités américaines de s’emparer de l’immense territoire autonome danois.
Le président américain a menacé ces pays de leur imposer de nouveaux droits de douane jusqu’à ce qu’« un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland ». Cette surtaxe, de 10 %, sera effective à partir du 1ᵉʳ février et pourrait s’envoler à 25 % au 1ᵉʳ juin, a affirmé Donald Trump.
« Les menaces de surtaxes douanières sapent les relations transatlantiques et risquent de conduire nos pays dans un dangereux engrenage », ont répondu le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni, assurant qu’ils « continueront à rester unis » et « déterminés à défendre [leur] souveraineté ».
Si les menaces de Donald Trump venaient à être mises à exécution, Emmanuel Macron a prévenu qu’il demanderait « l’activation de l’instrument anti-coercition » de l’UE. Ce dispositif, créé en 2023, vise à répondre à tout pays qui utiliserait des armes commerciales pour faire pression sur l’un des 27 Etats membres mais n’a encore jamais été utilisé.
• L’armée syrienne reprend des territoires aux Kurdes
Plus d’un an après la chute de Bachar al-Assad, l’armée syrienne a repris dimanche aux forces kurdes le plus grand champ pétrolifère de Syrie, poursuivant son offensive dans le nord et l’est du pays où le président islamiste syrien Ahmad al-Charaa veut étendre son autorité.
Après avoir délogé les Kurdes d’Alep la semaine dernière, ses troupes se rapprochent désormais de Raqa, l’ancienne capitale de facto de l’Etat isIamique, dans la province du même nom, où elles ont annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la ville de Tabqa. La minorité kurde avait profité du chaos de la guerre civile, qui a pris fin en 2024, pour s’emparer de vastes territoires de la Syrie, incluant champs pétroliers et gaziers.
Fort de cette rapide progression des forces syriennes, le président syrien Ahmad al-Chareh a annoncé dimanche avoir signé un accord de cessez-le-feu avec le chef des forces kurdes en Syrie, Mazloum Abdi.
La présidence a publié le texte de l’accord signé en 14 points, qui comprend l’intégration des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) et des forces de sécurité kurdes dans les ministères de la Défense et de l’Intérieur, la remise immédiate au gouvernement des provinces sous contrôle kurde de Deir Ezzor et Raqa, et la prise en charge par Damas des prisonniers du groupe Etat islamique et de leurs familles détenus dans des prisons et des camps contrôlés par les Kurdes.
• Budget : le PS ne devrait pas censurer le gouvernement
Le dénouement semble proche sur le budget 2026. Satisfait des « victoires obtenues » avec les dernières annonces budgétaires de Sébastien Lecornu, le Parti socialiste s’est engagé samedi à ne pas censurer le gouvernement pourvu que celui-ci ne finance pas ces nouvelles mesures « sur le dos des Français » mais bien en partie sur les grandes entreprises.
Invité du JT de TF1, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a annoncé qu’il proposerait à ses députés « de ne pas censurer » le gouvernement à deux conditions : « la première, c’est d’avoir la copie (budgétaire, ndlr) complète, qu’il n’y ait pas de flou » ; « La deuxième, c’est que le financement de toutes ces victoires obtenues ne se fasse pas sur le dos des Français ».
Le Premier ministre devrait détailler ces mesures « dans un courrier adressé à tous les parlementaires lundi pour que chacun puisse se positionner », a précisé la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin. Faute de majorité pour aller au vote, il va devoir choisir s’il recourt à l’article 49.3 ou à une ordonnance (article 47 de la Constitution).
• En Iran, un accès limité à internet rétabli
Dix jours après une coupure totale des communications destinée à masquer une violente répression, un accès limité à internet a été rétabli dimanche en Iran, selon l’ONG Netblocks. « Les données de trafic indiquent un retour significatif de certains services en ligne, dont Google, ce qui laisse penser qu’un accès fortement filtré a été rétabli, corroborant les témoignages d’utilisateurs faisant état d’un rétablissement partiel », écrit l’ONG de surveillance de la cybersécurité dans un message sur les réseaux sociaux.
Samedi soir, « les autorités compétentes ont annoncé que l’accès à internet serait progressivement rétabli », a annoncé l’agence de presse Tasnim, sans donner plus de détails. Bloqués pendant des jours, les appels téléphoniques vers l’étranger ont été rétablis mardi et les échanges par SMS samedi.
Les autorités, qui affirment avoir repris le contrôle de la situation, ont aussi rouvert dimanche les écoles, fermées depuis une semaine, et les universités, a annoncé la télévision d’Etat.
Le mouvement de colère déclenché le 28 décembre à Téhéran par des commerçants a été étouffé par une répression qualifiée de « massacre » par des groupes de défense des droits humains, à la faveur d’un blackout des communications instauré il y a dix jours. Au moins 3 428 manifestants ont été tués, selon le dernier bilan de Iran Human Rights (IHR), dont les chiffres sont cités par l’ONU. D’autres estimations font état de plus de 5 000 morts, voire jusqu’à 20 000.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé dimanche que toute attaque visant le guide suprême Ali Khamenei, détenteur du pouvoir en Iran, serait une déclaration de guerre, réagissant à Donald Trump qui a appelé à trouver un nouveau dirigeant.
• La famille d’El Hacen Diarra dénonce des violences policières
La famille d’El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans mort dans la nuit de mercredi à jeudi pendant sa garde à vue dans un commissariat parisien, porte plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort ».
Cette plainte « s’impose face à l’absence de saisine d’un juge d’instruction par la procureure de la République, alors que les circonstances de ce drame sont marquées par des preuves accablantes », souligne leur avocat, Me Yassine Bouzrou. Il dénonce, vidéo à l’appui, des violences policières et demande la désignation d’un juge d’instruction.
Sur des images filmées de nuit par des voisins, on distingue deux policiers, dont l’un, à genoux, donne deux coups de poing en direction d’un homme plaqué au sol, avant l’arrivée de leurs collègues en voiture, une minute plus tard.
Trois à quatre cents personnes se sont rassemblées dimanche en hommage à El Hacen Diarra. Les participants ont observé une minute de silence au pied du foyer de travailleurs migrants où il résidait, et devant lequel il a été interpellé, à deux pas du cimetière du Père-Lachaise, dans le 20ᵉ arrondissement.

