À Cahors, après une dizaine de jours de soldes d’hiver, les commerçants constatent une fréquentation en demi-teinte. Si les clientes fidèles répondent présentes, l’effervescence d’autrefois semble s’estomper, sur fond de centre-ville en mutation et de nouvelles habitudes de consommation.
À mi-parcours des soldes d’hiver, l’ambiance reste mesurée dans les rues commerçantes de Cahors. Sans être totalement déserté, le centre-ville ne connaît pas l’effervescence des grandes périodes de rabais. Plusieurs commerçants rencontrés dressent le même constat : le passage est inégal, les ventes existent, mais l’élan semble s’essouffler plus vite qu’auparavant.

Dans la boutique Les Citadines, Martine évoque un début de soldes “correct”, sans être spectaculaire. “Dans cette période de crise, on pourrait ne rien faire du tout”, confie-t-elle. Si quelques clientes sont au rendez-vous, notamment le samedi, la commerçante reste prudente dans son analyse. Son ressenti est mitigé, en partie lié à un stock réduit, conséquence d’une année 2025 qu’elle qualifie de “très difficile”. “Les gens ont quand même envie de se faire plaisir pendant les soldes”, souligne-t-elle, tout en reconnaissant que la dynamique reste fragile.
Des clients fidèles
Installée depuis peu sur le boulevard après la fermeture d’une seconde boutique rue du Portail Alban, Martine note néanmoins un point positif : sa clientèle l’a suivie. “Les clientes sont contentes de venir ici”, explique-t-elle, estimant que certaines rues du centre-ville tournent aujourd’hui au ralenti. Pour attirer, elle mise sur le renouveau, les accessoires, les petites pièces qui peuvent déclencher un achat coup de cœur, notamment auprès d’une clientèle plus jeune.

Même tonalité chez Isa, à la tête d’un concept store “Isa Déco” mélangeant prêt-à-porter, décoration, art de la table. “Les matinées sont très calmes, on travaille un peu mieux l’après-midi”, observe-t-elle.
Les clientes fidèles sont présentes, mais l’affluence reste modérée. “D’année en année, on voit bien que ce n’est plus comme avant”, constate-t-elle, tout en gardant l’espoir d’un regain progressif sur la durée des soldes. La météo, le froid récent et l’évolution des habitudes de consommation jouent aussi sur les ventes.

“C’est moins bien que l’an dernier”
Chez Dominique, gérante de la boutique Le Caméléon depuis plusieurs années, le constat est plus tranché. “C’est moins bien que l’an dernier”, affirme-t-elle. Moins de passage, moins de ventes, et des soldes qui semblent avoir perdu leur caractère exceptionnel. “Aujourd’hui, il y a des promotions toute l’année : Black Friday, ventes privées, Internet… Les clientes ont déjà fait les soldes”, analyse-t-elle.
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Dans son dépôt-vente de prêt-à-porter féminin, le chiffre d’affaires se maintient surtout grâce à une clientèle fidèle. “Au fil des années les soldes c’est de pire en pire, avant, je n’avais jamais le temps de m’asseoir. Maintenant, j’ai même le temps de faire du ménage”, glisse-t-elle, lucide mais pas résignée.
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Toutes évoquent aussi un centre-ville moins dynamique, concurrencé par les zones commerciales périphériques et les fermetures de boutiques. Pourtant, aucune ne se dit inquiète à long terme. Les commerçantes comptent sur les nouvelles collections, le renouvellement de l’offre et la fidélité de leurs clientes pour redonner de l’élan à leurs ventes.

