January 16, 2026

"Nous avons simplement réveillé cette filière endormie…" : Cocorico, leader lotois du vêtement "Made in France" accessible

l’essentiel
Fondée par trois frères et sœurs, Cocorico connaît une croissance spectaculaire. Depuis Frayssinet-le-Gélat, la marque de vêtements 100 % fabriqués en France revendique des prix abordables, des volumes records et un ancrage territorial fort. Explications.

À Frayssinet-le-Gélat, petit village du Lot, Cocorico fait partie du paysage. Derrière une activité intense se cache une success story discrète, mais spectaculaire, née loin de la capitale et des grands bassins industriels. Ici, au cœur d’un territoire rural, une entreprise familiale a prouvé qu’il était encore possible de produire en France, à grande échelle, et à des prix accessibles.

L’entreprise est créée en 2016, mais l’histoire commence en 2017. Originaire du Lot, Arthur Charle, alors dans le web, décide de changer de voie. Avec son frère Tom et sa sœur Coline, il fonde Cocorico autour d’une idée simple et presque provocatrice : proposer des vêtements du quotidien, intégralement fabriqués en France, sans les vendre au prix du luxe. “Le concept dès le départ était de créer une marque de vêtements intégralement fabriqués en France en proposant des prix abordables pour tous.”

La marque revendique prix abordables, volumes record et ancrage territorial fort.
La marque revendique prix abordables, volumes record et ancrage territorial fort.
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Le pari est risqué. À l’époque, le “Made in France” est souvent synonyme de petites séries et de tarifs élevés. Cocorico choisit une autre voie. Dès son lancement, la marque frappe fort avec un premier produit devenu emblématique : un boxer vendu 9,90 euros sur Internet. Un symbole, mais surtout un message clair adressé aux consommateurs comme aux industriels.

Plus de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires

En ce début d’année 2026, le pari est largement gagné. L’entreprise a réalisé une année 2025 record, avec plus de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 40 %, selon son directeur. Plus d’un million de produits ont été vendus sur le site cocorico.store, et la marque revendique désormais plus de 850 000 clients actifs. “Cela assoit notre position de leader du textile “Made in France”, résume Arthur Charle.

À 33 ans, Arthur Charle est cofondateur et directeur général de Cocorico.
À 33 ans, Arthur Charle est cofondateur et directeur général de Cocorico.
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Cette réussite repose sur des choix assumés. Cocorico s’est concentrée sur des vêtements “très simples, basiques”, pensés pour durer et pour être industrialisés. Chaque détail compte. “Nous avons demandé aux fabricants comment gagner du temps dans la chaîne de fabrication”, explique le trentenaire. Supprimer un élément purement esthétique, automatiser certaines tâches, produire en flux tendu pour éviter les invendus : autant de décisions qui, mises bout à bout, permettent de réduire les coûts sans sacrifier la qualité. “L’autre secret, c’est que nous fonctionnons avec des marges plus réduites que nos concurrents.”

Pour produire 100 % français, Cocorico s’appuie sur un réseau de 38 usines partenaires réparties sur l’ensemble du territoire. Tricoteurs, confectionneurs, teinturiers, spécialistes du marquage : près de seize métiers différents sont mobilisés. “La France a longtemps été une puissance textile. Beaucoup d’usines existaient encore, mais manquaient de volumes. Nous avons simplement réveillé cette filière endormie.”

La place centrale du Lot

Au cœur de ce dispositif, le Lot occupe une place centrale. L’atelier et le centre logistique de Frayssinet-le-Gélat sont le véritable poumon de l’entreprise. Environ 35 collaborateurs y travaillent, sur une cinquantaine au total, tandis que d’autres équipes sont basées à Bordeaux. En 2025, plus de 300 000 commandes ont été préparées et expédiées depuis ce site lotois, devenu stratégique.

Loin d’être un handicap, cet ancrage rural est revendiqué comme une force. “Le Lot est un atout pour le recrutement”, souligne le dirigeant, qui reçoit plusieurs centaines de candidatures à chaque ouverture de poste. L’entreprise y trouve une stabilité, un engagement fort des équipes et une identité qui fait sens, tant pour les salariés que pour les clients.

Cocorico a été fondée en 2017 par trois frères et sœurs originaires.
Cocorico a été fondée en 2017 par trois frères et sœurs originaires.
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Toujours familiale, Cocorico regarde désormais vers l’avenir sans renier ses racines. En 2026, la marque vise à nouveau 40 % de croissance et franchit une étape symbolique avec son arrivée dans les magasins Intersport, et notamment celui de Cahors. “D’ici fin janvier, 55 magasins proposeront la marque Cocorico, et entre 150 et 200 d’ici la fin de l’année”, détaille Arthur Charle. Une reconnaissance nationale pour une entreprise née dans le Lot, qui démontre qu’une réussite économique peut aussi être une aventure humaine et territoriale.

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