A Londres, le 11 janvier 2026, lors d’un rassemblement de soutien à la mobilisation en Iran, des manifestants brandissent des drapeaux iraniens et une photo de Reza Pahlavi, opposant en exil au régime de la République islamique et fils du dernier chah d’Iran. CARLOS JASSO / AFP
Vous avez décroché de l’actualité ? Du port du Havre aux manifestations à Téhéran, voici les principales informations à retenir de ces samedi 10 et dimanche 11 janvier.
· Près de 200 morts en Iran, où la contestation se poursuit
La mobilisation contre le pouvoir iranien ne faiblit pas. De nouvelles manifestations ont eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche 11 janvier, une ONG s’inquiétant d’un « massacre » des forces de l’ordre pour mettre fin à une contestation inédite depuis trois ans.
L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a fait état ce dimanche d’au moins 192 morts parmi les manifestants ces deux dernières semaines. Mais le bilan est difficile à établir car Internet est coupé dans le pays.
Initialement déclenché le 28 décembre par des commerçants de Téhéran mobilisés contre la cherté de la vie et la dépréciation de la monnaie, le mouvement a depuis gagné de nombreuses villes et pris de l’ampleur, mettant la République islamique face à l’un de ses plus grands défis depuis sa proclamation en 1979
· Trump met la pression à Cuba
Le président américain Donald Trump a mis la pression sur Cuba, dans un message posté sur son réseau social Truth Social dimanche. « IL N’Y AURA PLUS DE PÉTROLE OU D’ARGENT A DESTINATION DE CUBA – ZÉRO ! », écrit-il, ajoutant : « Je suggère fortement qu’ils acceptent un accord, AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD ».
Ces propos interviennent une semaine après la capture par les forces américaines du président vénézuélien Nicolas Maduro. L’opération, menée de nuit à Caracas, a coûté la vie à des dizaines de membres des forces de sécurité vénézuéliennes et cubaines.
Les Vénézuéliens, eux, attendent toujours la poursuite des libérations de prisonniers politiques promises par le régime. Le président déchu Nicolas Maduro, détenu à Brooklyn (New-York) reste combatif. « Nous allons bien. Nous sommes des combattants », a-t-il déclaré selon son fils, dans une vidéo publiée samedi par le PSUVA, le parti au pouvoir au Venezuela.
· Budget de l’Etat : chantage à la dissolution et appels au 49.3
Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu agite le spectre d’une dissolution et de législatives anticipées en cas de censure, la classe politique l’a de nouveau poussé dimanche à prendre ses responsabilités et à doter le pays d’un budget, via le 49.3.
« On ne dirige pas un pays par la peur, la pression ou le chantage institutionnel », a ainsi réagi le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand (LR). Cette menace, présentée comme une réponse à des motions de censure de LFI et du RN sur le traité UE-Mercosur, « n’a aucun sens », a aussi déclaré le socialiste François Hollande. Pour lui, il est temps de tourner la page budgétaire et le 49.3 est le bon outil : « ça suffit de laisser passer du temps », a-t-il affirmé. Même appel de la part d’Eric Lombard, ancien ministre du Budget, qui a critiqué dans les colonnes de « Libération » une méthode Lecornu qui « ne fonctionne pas ». « La Ve République n’est pas un régime parlementaire et il n’y a pas de coalition. Réunir tous les partis en disant “entendez-vous”, ça, c’est l’abandon de la responsabilité du gouvernement. Il faut que l’exécutif reprenne en main le gouvernement de la France. »
Samedi, les députés ont rejeté le budget de l’Etat en commission au terme de 28 heures de discussions, qui n’ont pas permis d’y voir plus clair sur un éventuel compromis avant l’arrivée mardi du texte dans l’hémicycle. La ministre des comptes publics Amélie de Montchalin va recevoir lundi les groupes parlementaires à Bercy afin de « construire des compromis et permettre l’adoption rapide d’un budget » pour 2026.
· Les agriculteurs en colère contre l’accord UE-Mercosur
Une centaine d’agriculteurs ont passé la nuit de samedi à dimanche à l’entrée du port du Havre (Seine-Maritime) pour mettre en place un « barrage filtrant », afin de dénoncer l’accord signé par l’UE avec les pays du Mercosur. L’objectif des militants agricoles est de bloquer le passage des aliments qui ne respectent pas les normes sanitaires et environnementales imposées aux producteurs français et européens.
Pour ses détracteurs, dont font partie les agriculteurs français, ce traité va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés d’Amérique Latine moins chers et pas forcément respectueux des normes européennes, faute de contrôles suffisants. En supprimant une large part des droits de douane, l’accord favorise les exportations européennes de voitures, de machines, de vins, d’huile d’olive et de produits laitiers, et il facilite l’entrée en Europe de bœuf, de volaille, de sucre, riz, miel, et soja.
· Les médecins dans la rue
Médecins et spécialistes continuent de manifester leur mécontentement vis-à-vis de la politique de santé. Samedi, plusieurs milliers de médecins libéraux, en grève depuis lundi, ont manifesté à Paris (ils étaient 20 000 selon les organisateurs et 5 000 selon la préfecture de police). Ils ont ainsi voulu dénoncer la « dérive autoritaire » qui menace selon eux leur « liberté d’exercice », appelant le Premier ministre Sébastien Lecornu à leur « faire des propositions ». Dimanche, ce sont plusieurs centaines de spécialistes qui ont rejoint Bruxelles à bord de cars, à l’appel du syndicat Le Bloc, pour un « exil symbolique ».
Ces médecins s’opposent notamment à la possibilité donnée au directeur de l’Assurance maladie de fixer unilatéralement des tarifs médicaux dans certains cas ; à la réduction à un mois de la durée maximale d’un premier arrêt de travail ; ainsi qu’à d’autres mesures en cours d’examen par le Parlement, comme la possibilité d’imposer des objectifs de réduction des prescriptions aux médecins qui prescrivent nettement plus que leurs confrères en situation comparable. Ils craignent aussi que leur liberté d’installation soit limitée.

