La cinéaste Ema Edosio à Lagos, en octobre 2025. BÉNÉDICTE KURZEN POUR « LE NOUVEL OBS »
La caméra d’Ema Edosio s’attarde où les projecteurs de Nollywood, l’industrie cinématographique du Nigeria, vont rarement : dans les ruelles poussiéreuses, sur les visages fatigués, dans les rêves obstinés d’une jeunesse sans paillettes. C’est là, au ras du bitume, que la réalisatrice nigériane de 41 ans a trouvé sa voie. « Je célèbre ceux qui luttent contre le système et survivent. L’homme qui pousse sa brouette au marché pour 1 000 nairas [60 centimes d’euro], la femme qui vend des beignets akara avec fierté : ce sont mes superhéros ! », sourit-elle, entre deux bouchées de riz jollof, dans le lobby du Federal Palace, hôtel cinq étoiles de la cossue Victoria Island, surplombant l’océan Atlantique. Ses longs-métrages (trois à ce jour) reconstruisent un Lagos souvent caricaturé. Chez elle, ni misérabilisme, ni esthétique tapageuse. Seulement la réalité nue d’existences ordinaires.
Pour Ema Edosio, Lagos, la ville où elle a grandi, n’est pas qu’un décor. La capitale économique du Nigeria constitue la matière vivante et nerveuse de ses films, et ses plus de 20 millions d’habitants incarnent la « débrouille » et le surpassement de soi qu’elle place haut dans ses valeurs. « A Lag…
Article réservé aux abonnés.
Se connecter
Le cadeau qui éclairera votre année
Tous nos contenus exclusifs en accès illimité
S’abonner : 7,99€ 3,99€/mois pendant 1 an
ou

