Prévu d’ici 2029, l’euro numérique aura le même statut que les billets et les pièces. KERMALO/REA
« La monnaie évolue continuellement. Le billet que nous utilisons n’a que deux cents ans. Alors adopter sa version numérique, ce sera simplement comme prendre une nouvelle vague. » En ce matin de septembre, Benoît Cœuré, président de l’Autorité de la Concurrence, a remis son ancien costume, celui de membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), pour défendre un dossier qui suscite des doutes : il veut convaincre les financiers, membres de l’Association Europe-Finances-Régulations (AEFR), que l’euro numérique n’est pas une folie. Car oui, nos billets vont évoluer. La BCE attend le feu vert du Parlement pour transformer sa monnaie : l’euro traditionnel restera bien dans nos poches, mais il deviendra aussi un « jeton » virtuel, comme la cryptomonnaie bitcoin. Pour la banque centrale, cette mutation est un investissement indispensable : elle va assurer le maintien de nos échanges commerciaux, même en cas de catastrophe. Le monde financier, lui, est très sceptique devant ce projet jugé inutile. La question est passionnante mais elle a un défaut : être affreusement technique et décourageante pour le grand public, alors qu’elle va transformer notre vie quotidienne.
D’un côté du ring, tous les poids lourds de l’establishment financier désapprouvent ce nouvel euro. Les grandes banques commerciales sont persuadées que les bureaucrates de l’Europe ont simplement trouvé une nouvelle façon de leur faire perdre de l’argent et de menacer leurs activités. Elles ne veul…
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