January 5, 2026

Colère agricole : brasier et blocages autour de la zone de Grand Sud à Montbartier

l’essentiel
Dans la soirée glaciale, des agriculteurs du Tarn-et-Garonne et du Lot ont lancé, ce lundi 5 janvier, une mobilisation autour de la zone logistique de Grand Sud, à Montbartier. Blocages ciblés, colère contre le libre-échange et rejet des promesses gouvernementales : la contestation agricole reprend de la vigueur et pourrait rapidement monter en intensité.

Ils ont sorti les tracteurs à la nuit tombée. Depuis 20 heures, ce lundi 5 janvier, des agriculteurs du Tarn-et-Garonne et du Lot occupent les abords de la zone logistique de Grand Sud, à Montbartier. Un gros brasier improvisé, des silhouettes emmitouflées et des pneus empilés en décor d’hiver : la mobilisation s’est installée dans le froid mordant, – 6 °C au compteur, pour dénoncer pêle-mêle les accords de libre-échange du Mercosur, la taxe sur les engrais, l’enchevêtrement des normes administratives et l’érosion continue des revenus agricoles.

À 22 h 30, les deux accès de la zone étaient bloqués, tandis que la circulation restait possible sur la D820 entre Bressols et Canals. Une stratégie assumée, évolutive, au rythme d’un mouvement qui “s’amplifie clairement”, assure Damien Garrigues, président de la FDSEA 82. “Nous voulons vivre de nos revenus et ne pas être obligés de dépendre du versement d’aides”, martèle-t-il, déterminé à aller “jusqu’au bout”.

Un peu plus loin, près du brasier, Benjamin Checchin, président départemental des Jeunes Agriculteurs, ne cache pas sa colère. La lettre du Premier ministre, Sébastien Lecornu, censée répondre aux inquiétudes du monde agricole, a mis le feu aux poudres. “C’est un torche-c… ! Il nous prend vraiment pour des imbéciles”, lâche-t-il. Lassés des promesses non tenues, les manifestants préviennent : “Si l’on doit bloquer toute la nuit, toute la semaine et même se rendre sur Toulouse, on le fera. C’est la base qui va décider et tout est possible.”

Un grand brasier a permis aux manifestants de se réchauffer dans une soirée où le thermomètre indiquait – 6 °C.
Un grand brasier a permis aux manifestants de se réchauffer dans une soirée où le thermomètre indiquait – 6 °C.
DDM – Philippe Cahue

Près de 150 agriculteurs participaient à l’action, avec l’idée de “bloquer la zone pour effectuer quelques contrôles dans les semi-remorques de la grande distribution, histoire de vérifier l’origine des produits”, précise Damien Garrigues. Une manière de pointer, concrètement, les contradictions d’un système qui ouvre ses frontières tout en étranglant ses producteurs.

“Vous croyez que c’est par plaisir que nous sommes là dans ce froid glacial ?”, interpelle Benjamin Checchin. “On serait mieux chez nous. Mais l’heure est grave. Et ce n’est vraiment pas le moment de lâcher.”

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