Un nouveau cas de dermatose nodulaire a été détecté en Ariège. Conséquence, 113 bovins d’une exploitation du Pays d’Olmes devraient être abattus, malgré la vaccination. Ce jeudi 1er janvier 2026, la Coordination rurale, suivie par la Confédération paysanne, a lancé une opération coup de poing avec des actions à Foix, Saint-Girons et Pamiers.
La colère paysanne vient de passer un nouveau cran en Ariège. À peine le département sort-il d’une campagne de vaccination généralisée contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qu’un nouveau foyer vient d’être confirmé dans une exploitation du Pays d’Olmes. Résultat : 113 bovins d’un même cheptel seront abattus ce vendredi 2 janvier, conformément au protocole sanitaire en vigueur.
Une décision que les éleveurs concernés auraient accepté, malgré le choc. Mais du côté des syndicats, l’incompréhension reste totale. La Coordination rurale, tout en acceptant la décision des exploitants concernés, dénonce une “stratégie d’abattage total” jugée disproportionnée, notamment lorsque les animaux ont déjà été vaccinés. “Nous sommes contre cette façon de faire, à savoir abattre des troupeaux vaccinés. Et là, on a le cas à Léran où ils vont abattre 113 bêtes vaccinées”, s’indigne Gil Campan, vice-président de la Coordination rurale en Ariège et éleveur dans le Couserans.

Une opération coup de poing
Face à ce nouvel abattage annoncé, la Coordination rurale a décidé de lancer une opération coup de poing dans la nuit du jeudi 1er janvier 2026. Plusieurs cortèges d’agriculteurs ont convergé vers la préfecture de Foix, la sous-préfecture de Saint-Girons et celle de Pamiers. Un appel auquel a répondu la Confédération paysanne.
À Foix, vers 22 h 30, près d’une centaine d’agriculteurs rassemblés devant la préfecture ont déversé des gravats sur la chaussée. Ils ont également soudé le portail du bâtiment, marquant un durcissement net du mouvement. “On nous avait promis qu’il n’y aurait pas de cas en Ariège, mais on voit que ça ne marche pas. Les Bordes-sur-Arize et maintenant Léran, il va falloir que ça s’arrête”, lance Kevin Audouy, éleveur à Lesparrou.

À Saint-Girons, à la même heure, une quinzaine de tracteurs et près d’une centaine d’éleveurs du Couserans ont investi la rue devant la sous-préfecture. “On vient de vider une dizaine de bennes. Et là, ils sont partis en rechercher. On vient de remplir tout le devant de la sous-préfecture. À Foix, ils ont soudé le portail du bâtiment” de la préfecture, confirme Gil Campan.

Une centaine d’éleveurs à Pamiers
Enfin à Pamiers, une centaine d’éleveurs et une vingtaine de tracteurs ont répondu à l’appel. Vers 22 h 30, deux camions ont déversé des ballots de paille devant la sous-préfecture.
Ce nouveau cas relance une colère déjà très présente dans le département. Pour rappel, la préfecture annonçait la veille que l’intégralité du cheptel bovin ariégeois était vaccinée, mais que le virus circule encore, dans l’intervalle nécessaire pour atteindre une immunité complète.

Les syndicats dénoncent une réponse sanitaire aveugle, alors que les élevages sont déjà fragilisés. Les organisations agricoles — dont la Chambre d’agriculture — alertent sur une situation “dramatique” et craignent l’apparition d’autres foyers dans les semaines à venir, le temps que la vaccination produise pleinement ses effets.
Dans ce contexte, les actions de cette nuit ne seraient qu’un début : pour la Coordination rurale, l’objectif est clair : faire pression sur l’État pour revoir la doctrine sanitaire, et obtenir une autre stratégie que l’abattage systématique des troupeaux entiers.

