Neuf ans sous le maillot du Castres Olympique et un bouclier de Brennus n’ont pas effacé ses racines. Thomas Combezou, désormais éleveur en Haute-Corrèze, sort du silence pour soutenir ses confrères agriculteurs. Entre passion pour son cheptel et colère face à la crise sanitaire, l’ancien centre livre ce mardi 30 décembre à Rugbyrama un témoignage puissant sur sa nouvelle vie loin des projecteurs.
L’après-carrière n’est pas toujours facile à négocier pour les joueurs de rugby, surtout lorsqu’ils ont goûté aux plus hautes sphères du sport de haut niveau. Thomas Combezou, joueur passé par Clermont, La Rochelle, Montpellier et le Castres Olympique (pendant 9 années) avait préparé ses arrières. “Je m’étais mis pas mal de diplômes de côté (sourire). J’avais passé le concours de police, que je n’avais pas pu conserver car j’avais prolongé mon contrat. J’avais aussi passé le bac pro agricole en 2014, au cas où je finisse par m’installer… J’ai également le DE (diplôme d’État, NDLR) d’entraîneur”, explique-t-il dans un article que lui consacre Rugbyrama ce mardi 30 décembre.
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Le centre castrais a finalement opté pour l’agriculture. Aujourd’hui âgé de 38 ans, il a repris l’exploitation familiale en Haute-Corrèze. Il élève des “vaches allaitantes” et “fait de l’engraissement et de la reproduction” dans cette entreprise familiale vieille de plus de 40 ans. Si ses grands-parents n’élevaient qu’une dizaine de bêtes, désormais, il est “à la tête d’un cheptel de 160 à 170 mères. Quand tu ajoutes les veaux, les génisses, ça fait un peu de monde”, comme il s’en amuse.
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Même s’il “chapeaute un peu l’école de rugby d’Égletons”, à quelques kilomètres de chez lui, il assure que le rugby professionnel, peu importe le rôle : “c’est terminé !” Il cherche notamment à éviter le stress et est toujours servi côté compétition puisqu’il participe à plusieurs concours avec ses bêtes. “Au concours national où on a bien tourné avec deux taureaux qui finissent premier et deuxième dans la même section”, s’enorgueillit-il. Des échéances qu’il aborde toujours sans pression, lui qui a connu celle des grands matchs. “J’ai joué au Stade de France, j’ai fait des finales. Ça, c’était vraiment de la pression”, répond celui qui a remporté le Bouclier de Brennus avec Castres en 2018 quand on l’interroge à ce sujet.
Face à la crise agricole, un soutien sans faille
En tant qu’éleveur bovin, il est évidemment tout particulièrement sensible à la crise de la dermatose nodulaire contagieuse qui frappe actuellement le Sud-ouest de la France. “Chaque décision prise peut mettre en péril les exploitations. Des années de travail, de génération en génération, peuvent être éteintes par un petit moucheron. Ce qui arrive aujourd’hui est terrible, il faut s’en rendre compte. Les agriculteurs ont des questionnements et il faut y répondre”, déclare-t-il, expliquant “prier” pour que la maladie ne parvienne pas dans sa région.
Il se montre également au soutien de ses confrères mobilisés : “Je comprends la colère générale, parce qu’il y a toujours un sujet sur lequel on n’écoute pas les gens sur le terrain. On a l’impression que des décisions sont prises par des personnes en costard-cravate, qui n’ont aucun recul et qui ne se sont jamais déplacées sur une exploitation.” Le natif de Tulle se positionne lui aussi contre l’abattage systématique des troupeaux en cas de contagion et considère que la solution est d'”essayer de vacciner le plus rapidement possible”. Il fustige l’accord du Mercosur et réclame “des décisions qui aillent dans le sens des agriculteurs”. Malgré sa reconversion, Thomas Combezou se montre, comme dans le rugby, au soutien.

