À compter du 1er février dans le Lot-et-Garonne, l’utilisation du téléphone au volant pourra être sanctionnée d’une suspension du permis de conduire, pouvant s’étendre jusqu’à six mois. Une phase “pédagogique” débute dès ce mardi 30 décembre pour en avertir les usagers de la route.
“Les mains sur le volant, pas sur l’écran !” La citation défendue par le préfet du Lot-et-Garonne Daniel Barnier donne le ton de la mise en place d’une mesure phare, qui promet de marquer ses derniers jours de présence dans le département. La préfecture du Lot-et-Garonne s’aligne à sa voisine des Landes et annonce, ce mardi 30 décembre, la suspension du permis de conduire en cas d’usage du téléphone portable au volant. Elle peut aller jusqu’à six mois, et peut être prononcée sans qu’une infraction concomitante ne soit pour autant constatée1. À cette sanction, s’accumuleront celles qui sont déjà prévues dans ces circonstances, à savoir une amende forfaitaire de 135 euros d’amende et le retrait de trois points sur le permis de conduire.
Sur les routes du 47, la mesure sera effective à compter du 1er février. Dès ce mardi 30 décembre s’entame donc la “phase pédagogique”, qui consiste à sensibiliser les contrevenants, et plus largement le public, de son arrivée. Au rond-point du 35 route d’Agen, à Roquefort ce mardi après-midi, des pancartes sont distribuées aux automobilistes aperçus avec leur smartphone, par les gendarmes de l’Escadron départemental de contrôle des flux (EDCF), sollicités pour cette opération de contrôles routiers. La scène est parlante : en l’espace de trente minutes à peine, plusieurs véhicules ont déjà été interceptés.
Cette période de déploiement s’articulera également autour d’actions de prévention, menées dans le cadre du plan départemental d’actions de sécurité routière (PDASR). “Nous souhaitons organiser des formations de prévention et de sensibilisation, notamment auprès des autoécoles et des centres de récupération de permis”, annonce le représentant de l’État.

Graduer les suspensions
La suspension du permis de conduire en la présence de la seule infraction d’usage du téléphone au volant “ne sera pas systématique, mais ciblera les situations les plus dangereuses”. Restera donc aux forces de l’ordre de “graduer” ces sanctions, en prenant divers éléments en compte.
“Ceci reposera notamment sur la perception du gendarme au moment où il contrôle un contrevenant. En fonction de son environnement, de son comportement, des risques qu’il a pris – s’ils étaient vraiment élevés ou non – ou bien si cette personne est en récidive”, développe le colonel Alexandre Peruch, à la tête du groupement de gendarmerie départemental.
Près de 5 000 infractions relevées dans l’année pour usage du téléphone
Les 4 974 contraventions délivrées durant les 6 000 contrôles routiers assurés par la gendarmerie et la police dans le département cette année ont été le moteur de la décision préfectorale. Sans oublier l’impact de ce manquement au Code de la route sur l’accidentalité. Sur 25 décès recensés sur les routes lot-et-garonnaises en 2025, deux ont été causés par l’inattention. Elle serait également à l’origine de 30 % des accidents corporels. Il y en a eu 102 durant l’année.
“Toutes ces jeunes générations ont leur téléphone greffé à la main, souffle le colonel Peruch. Le fait de scroller sur les réseaux sociaux semble être une addiction. Il est extrêmement important d’y mettre un coup d’arrêt. Il faut que chacun prenne conscience des dangers auxquels il expose les autres automobilistes.”
Et le téléphone portable n’est pas la seule bête noire que les autorités cherchent à éradiquer. Les objets dits “distracteurs”, à l’image des oreillettes, ou toute sorte d’écran pouvant détourner l’attention de l’automobiliste de sa conduite sont également concernés. “Le risque d’accident est multiplié par trois en cas de distracteur. Et s’agissant du texto, du fait de le lire ou bien de l’écrire, le risque d’accident est alors multiplié par 23”, contextualise Daniel Barnier.
À noter qu’en France, depuis le 29 décembre, la législation concernant les excès de vitesse se veut également plus sévère. Tout dépassement de plus de 50 km/h au-dessus de la limitation est requalifié en délit, passable de trois mois d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende.

