November 30, 2025

"On déplace une énorme forêt autour de la roulotte" : brebis naines et arbres 100 % bio, cette ferme prépare la saison des sapins au pied des Pyrénées

l’essentiel
À Labastide-de-Sérou, la ferme des sapins du Séronais cultive 35 000 arbres de Noël en production 100 % biologique. Marine et Elian Alozy, accompagnés de leur associé Fabien Lérat, y préparent toute l’année la saison de décembre.

Grands, petits, touffus ou élancés, ils restent la pièce maîtresse des fêtes de fin d’année. Comme le veut la tradition, les premiers sapins de Noël feront leur entrée dans les foyers dès le 1er décembre. Artificiels ou naturels, ils sont entre 5 et 6 millions à être vendus chaque année en France, un symbole incontournable décliné en plusieurs variétés.

À Labastide-de-Sérou, dans la ferme des sapins du Séronais, c’est le Nordmann qui prédomine. Issus d’une exploitation entièrement biologique, les 35 000 sapins de Marine et Elian Alozy, et de leur associé Fabien Lérat, se développent sur une parcelle de quatre hectares, au milieu des collines.

Marine et Elian Alozy au milieu de leurs sapins 100 % bio.
Marine et Elian Alozy au milieu de leurs sapins 100 % bio.
DDM – S.L.

“J’ai repris l’exploitation de mes parents en 2011, c’était à l’époque de la polyculture, de l’élevage de limousines et un peu de maïs pour l’autoconsommation des bêtes, explique Elian Alozy, on avait un schéma d’exploitation assez classique. Puis, il y a 8 ans, on a eu l’opportunité de se lancer dans la culture de sapins de Noël par le biais de la chambre d’agriculture et du département, et on a fait ce pari.”

Des brebis naines pour entretenir l’exploitation

Sur l’exploitation, deux variétés sont proposées : l’incontournable épicéa, dont l’odeur réveille les souvenirs d’enfance, et le sapin Nordmann, une espèce originaire de Finlande, particulièrement appréciée pour sa tenue et la douceur de ses aiguilles.

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Une production que le Gaec souhaite la plus naturelle possible. “On a fait le choix de partir en bio. Il faut savoir que dans les traitements conventionnels, c’est deux à trois passages de produits phytosanitaires par an pendant 8 ans, donc ça fait beaucoup, et avec le chauffage des maisons, les produits se retrouvent dans l’air ou sur les cadeaux de vos enfants. On a décidé de faire autrement”, insiste Marine Alozy.

Des brebis naines assurent l’entretien de l’exploitation.
Des brebis naines assurent l’entretien de l’exploitation.
DDM – S.L.

Et effectivement, du côté de l’entretien des parcelles, pas de tambouille maison ni de dos abîmés par l’arrachage manuel des mauvaises herbes : les producteurs ont opté pour une méthode pour le moins singulière en confiant leurs rangées de sapins à une race de brebis naines. “Nos allées de sapins sont entretenues par des brebis Shropshire, qui ont la particularité de ne pas manger les pousses de sapins”, souligne Marine Alozy.

Entre 6 et 10 ans pour un sapin mature

Vendus à partir de 24 euros pour les modèles de 150 à 200 cm, et jusqu’à 60 euros pour les plus grands (300 à 400 cm), les sapins de l’exploitation restent très compétitifs. Plantés à la main et entretenus sans produits phytosanitaires, les sapins du Séronais, labellisés Noù, sont bichonnés tout au long de leur croissance avant d’être soigneusement sélectionnés.

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“Derrière chaque sapin coupé, un autre est replanté. Lorsqu’on achète nos sapins, ils ont trois ans et font 25 cm. Ensuite, il faut savoir que pour arriver à avoir un sapin d’une bonne taille, il faut entre 6 et 10 ans, ce qui fait qu’on replante systématiquement pour ne pas faire de trou dans l’exploitation”, explique Elian Alozy.

Pour chaque arbre coupé, un autre est aussitôt replanté.
Pour chaque arbre coupé, un autre est aussitôt replanté.
DDM – S.L.

La star des ventes : le Nordmann

“Ça fait trois ans qu’on a commencé à vendre des sapins, reprend Elian Alozy, et chaque année on essaie de développer la vente. Ça prend de plus en plus, on est content, les gens reviennent.” Sur la tendance du moment, Fabien Lérat est catégorique : la star, c’est le Nordmann. “C’est ce qui part le plus, et je trouve que cette année les gens les veulent grands, autour de deux mètres. On espère en vendre 2 000, ça serait bien.”

Le lancement de la saison a lieu ce week-end, les 29 et 30 novembre, autour de la célèbre roulotte l’Épicerie d’ici. “On déplace une énorme forêt autour de la roulotte, c’est un événement qu’on reconduit cette année. Il y aura des châteaux gonflables pour enfants, à manger, la possibilité d’acheter des produits locaux et de choisir son sapin.”

Comment prolonger la vie de votre sapin : astuces et recyclage

La saison des sapins est lancée, et avec elle la quête du plus bel arbre : épicéa ou Nordmann, choix du pied et astuces pour le conserver pendant les fêtes, Elian et Marine Alozy, producteurs de sapins bio à La Bastide-de-Sérou partagent leurs conseils.

Conseil n° 1 : éloignez-le des sources de chaleur : “On évite de le mettre trop près des poêles et des cheminées, mais le pire, ce sont les clims réversibles qui assèchent l’air, donc on évite de placer le sapin dessous”, explique Elian Alozy.

Pour conserver votre sapin longtemps, tenez-le loin de la climatisation et du chauffage.
Pour conserver votre sapin longtemps, tenez-le loin de la climatisation et du chauffage.
DDM – S.L.

Conseil n° 2 : changez le pied. Pour garder son sapin le plus longtemps possible, les producteurs recommandent de remplacer le pied fourni par un récipient rempli de cailloux, de sable ou de terre, et d’arroser régulièrement : “Il va continuer à boire, comme une plante verte, et se fanera moins vite.” Enfin, pour les amoureux des épicéas, ils conseillent également de brumiser le sapin afin de prolonger sa fraîcheur tout au long des fêtes.

Dire adieu à son sapin

Après les fêtes, vient le temps de dire adieu à votre sapin de Noël, mais pas question de le jeter comme un simple déchet. En France, de nombreuses communes et collectivités mettent en place des collectes de sapins naturels pour les recycler de façon écologique.

“Chaque année, nous recensons sur notre page Facebook les différents lieux de collecte, explique Marine Alozy. Il existe des déchetteries spécialisées qui broient les sapins pour les recycler en paillis ou en compost. Certaines fermes les récupèrent également pour nourrir leurs animaux, souvent des chèvres, et il est aussi possible de les déposer dans des sites de compostage.”

Enfin, de plus en plus souvent, les communautés de communes établissent des partenariats avec des organismes tels que France Sapin Bio, qui s’engagent à recycler les sapins pour en faire du paillage ou de l’amendement naturel.

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