À l’issue de la lourde défaite concédée face au Stade Toulousain, ce samedi 29 novembre à l’occasion de la 11e journée de Top 14 (24-48), Patrice Collazo ne digérait pas le coup de tête de son talonneur Janick Tarrit, qui lui a valu un carton rouge avant la mi-temps.
Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Contre Toulouse, il faut jouer avec toutes ses armes. A partir de là, après, il n’y a pas grand-chose à débattre. On prévoit beaucoup de choses quand on entraîne, on met des stratégies en place, on essaye de prévoir un peu ce que fait l’adversaire mais il y a un truc qu’on ne prévoit pas, c’est la bêtise. Donc moi je peux tout comprendre, je peux tout entendre, mais il y a des trucs, non, c’est fin de non-recevoir. Quand ça met le collectif en danger, quand ça met l’équipe en danger, quand ça casse la dynamique de l’équipe, c’est fin de non-recevoir. Il y a une première mi-temps qui est plutôt dense et solide de notre part. 8-3, ils étaient quand même un peu sous pression et on savait que plus le match allait avancer, plus le contexte risquait de peser, parce qu’ils avaient plusieurs choses à gérer. Nous, on n’avait que le match. On s’est donné les moyens d’aller jusqu’à la 40e, sirène, plus récupérer le ballon. Et après, à partir de là, les choses se compliquent. Donc ça anéantit beaucoup de travail. Tu me demandes là, maintenant, comment je suis… (Il souffle) Tu vois ma tête…
Vous avez eu le temps d’en discuter avec lui ou vous ne préférez pas à chaud ?
Il y a des moments où je peux débattre, après je ne débats plus. Il n’y a pas débat, pas d’explication. C’est factuel et pragmatique. Donc il n’y a pas à débattre et il n’y a pas à épiloguer. Ce que je retiens, c’est l’engagement qu’on a pu mettre sur la première mi-temps. Déjà à 14, c’est compliqué. À 13, ça se complique. Quand on revient à 14, on rebascule à 13. L’addition aurait pu être plus lourde. Elle ne l’a pas été parce qu’on a fait en sorte qu’elle ne le soit pas. Comme je l’ai dit, quand on joue contre Toulouse, c’est bien de jouer avec toutes ses armes. Sinon, après, la balance, elle est trop compliquée à maintenir. On sait où on est, on sait quel niveau on a. J’aurais aimé qu’on soit 15.
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Est-ce que vous avez senti le groupe abattu à la mi-temps ?
Le rouge, il est violent pour les mecs. Surtout que le ballon est à 3 mètres. Ce n’est même pas dans l’action. Si c’est dans l’action, pour sortir le ballon, qu’il y a mauvais geste, on peut le comprendre, et encore. Là, le ballon est sorti, on a gagné le ballon, il y a la sirène, il se passe 10 secondes. Et ouais, ça a plombé. Ça a secoué les mecs. On était un peu surpris. Donc à la mi-temps, ça nous a un peu démobilisés, en plus il y a une mêlée qui arrive très vite, donc on est obligés de cramer un remplaçant. On a sorti Wilfried Hulleu. En fait, vous anéantissez la stratégie de la semaine, le travail de la semaine, et ça pète la dynamique parce qu’elle était bonne.

