Défait, blessé, mais pas encore éteint : le LAP affronte sa plus grave crise depuis l’injustice de 2014. Dans un cri d’alarme, le club appelle au soutien pour éviter de vivre ses derniers jours.
Il y a des communiqués qui sonnent comme des adieux, d’autres comme des cris d’alarme. Celui publié par le club de football Luzenac Ariège Pyrénées, ce mardi 25 novembre 2025, appartient sans doute aux deux catégories à la fois. Quelques jours après une défaite vertigineuse (18 – 0), le club ariégeois a reconnu traverser “l’une des périodes les plus sombres de son histoire”. Une vérité brute, dévoilée sans fard.
“Il est difficile d’écrire ces lignes, mais il est surtout important d’être honnête avec tous ceux qui aiment le club”, lancent les dirigeants, conscients que l’heure est grave. Aucune victoire depuis le début de saison, un effectif réduit et trop peu expérimenté, des départs à répétition, y compris dans la direction : tout semble indiquer que le club pourrait “être en train de vivre ses derniers jours”.
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Le poids d’une blessure jamais refermée
Car Luzenac, c’est bien plus qu’un classement. C’est l’histoire d’un club qui aurait dû, en 2014, grimper en Ligue 2. “C’est un club qui a fait vibrer toute une région”. Dix-huit fois leader en trente-quatre journées, quatre petites défaites, l’équipe de Christophe Pélissier était quasiment injouable cette saison-là. Une accession historique finalement refusée par les instances, épisode devenu traumatisme dans tout le département.
Depuis, le club vit une sorte de descente aux enfers. “Malgré l’énergie et la bonne volonté de ceux qui se battent pour maintenir le club en vie, la pente n’a jamais cessé de se raidir”, écrivent les dirigeants. Et lancent un appel : aides, compétences, ressources, ou simples mots de soutien — tout peut compter, pour “donner un dernier souffle ou, qui sait, un nouvel élan […] Votre fidélité est peut-être la dernière force qui nous reste”, clament les dirigeants.
Une injustice encore vive dans les mémoires
L’émotion suscitée par ce message a trouvé un écho immédiat chez les supporters et anciens du club. Beaucoup n’ont jamais digéré l’épisode de la montée avortée. L’un d’eux exhorte : “Courage à vous. Je surveille vos résultats depuis ce jour de honte pour le foot français où on vous a empêché la montée en Ligue 2. Force à vous. Lâchez rien.”
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Un autre renchérit avec amertume : “Que dire de plus, ayant été un ancien de Luzenac, que de voir comment les instances nationales ont sacrifié ce club pour favoriser les gros. Je vous souhaite de voir un avenir meilleur et que la flamme du LAP continue à briller. Bon courage.”
Certains vont plus loin, dénonçant une véritable injustice : “Tout cela parce qu’un petit village risquait de faire tache dans le paysage du football professionnel, et cela ne plaisait pas aux instances. On a refusé à Luzenac le droit de monter en Ligue 2 pour des raisons qui dépassaient le terrain, mais jamais on n’effacera ce qu’a accompli ce club. Luzenac continuera d’exister tant qu’il restera des gens pour le soutenir, pour défendre ses valeurs et pour rappeler cette injustice.”
Un club jamais totalement éteint
Malgré la gravité du moment, malgré les défaites qui s’empilent et l’hémorragie interne, le communiqué se clôt sur une lueur d’espoir : “Luzenac n’est pas encore éteint. Tant qu’il restera des gens pour y croire, l’histoire n’est pas finie.”
Dans un football français où les petites structures n’ont que rarement voix au chapitre, le LAP refuse encore de mourir. Peut-être parce que, dans ce village de quelque 600 habitants, résiste depuis des décennies une conviction qui n’a jamais quitté les tribunes : tant qu’il y aura des mains pour maintenir la flamme, Luzenac ne disparaîtra pas.


