Le président ukrainien a signé, le 17 novembre dernier en France, une lettre d’intention d’achat pour acquérir jusqu’à cent avions de combat français. Reste que les potentielles premières livraisons d’appareils neufs à Kiev ne sont pas pour tout de suite. Explications.
Avant d’évoquer une date de livraison des premiers Rafale ukrainiens, Kiev doit d’abord transformer son intention d’achat en commande ferme. Pour l’instant, ce n’est pas le cas et cela pourrait prendre du temps.
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Avant toute signature de contrat, Dassault Aviation et son client engagent en effet des négociations qui peuvent durer de quelques semaines à plusieurs années. Ces tractations visent notamment à définir : le type et le nombre d’appareils commandés, le choix des équipements et des systèmes, les opérations de maintenance associées, le coût global, et bien sûr un calendrier de livraisons.
De trois à six ans d’attente
Une fois la commande passée, l’Ukraine devra ensuite s’armer de patience… Pour intégrer les vingt-cinq kilomètres de câblage et assembler les 30 000 pièces qui composent un Rafale, trois ans sont nécessaires. Autrement dit, si le contrat était signé aujourd’hui, l’armée ukrainienne pourrait, en théorie, recevoir ses premiers appareils début 2029.
Mais en pratique, les premières livraisons ne devraient pas intervenir avant fin 2031, au plus tôt. La raison est simple. Sur les 557 Rafale déjà commandés par la France et huit autres pays, il restait au 30 juin dernier encore 239 avions à fabriquer. Et au vu des cadences actuelles et à venir, cela représente l’équivalent de six années de production. Kiev devra donc attendre son tour.
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Le seul scénario qui permettrait à l’Ukraine de recevoir ses premiers avions de combat neufs trois ans seulement après la signature de son contrat, dépend en fait des autres clients du Rafale. Si l’un d’eux accepte de repousser certaines de ses livraisons et libère des créneaux, l’armée ukrainienne pourrait alors voir le chasseur français arriver dans sa flotte plus tôt que prévu.

