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Le Nouvel Obs avec AFP
Lors d’une distribution humanitaire de nourriture, à Gaza, le 28 août 2025. KHAMES ALREFI / ANADOLU VIA AFP
Des experts des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU) ont qualifié de « crime odieux », jeudi 28 août, des informations faisant état de « disparitions forcées » de Palestiniens affamés en quête de nourriture dans des sites de distribution gérés par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF).
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Les sept experts indépendants ont assuré dans une déclaration commune avoir reçu des informations selon lesquelles plusieurs individus, dont un enfant, avaient disparu après avoir visité des sites de distribution d’aide à Rafah. L’armée israélienne était, selon les informations, « directement impliquée dans les disparitions forcées de personnes cherchant de l’aide », ont-ils ajouté. « Les signalements de disparitions forcées visant des civils affamés cherchant à exercer leur droit fondamental à se nourrir ne sont pas seulement choquants, mais équivalent à de la torture », ont-ils déclaré. « Utiliser la nourriture comme un outil pour mener des disparitions ciblées et massives doit cesser immédiatement », selon eux.
De son côté, la GHF a déclaré qu’il n’y avait « aucune preuve de disparitions forcées ». « Nous opérons dans une zone de guerre où de graves allégations pèsent contre toutes les parties opérant en dehors de nos sites. Mais à l’intérieur des installations de la GHF, il n’y a aucune preuve de disparitions forcées », a déclaré la fondation dans un communiqué à l’AFP.
« Point de rupture »
La bande de Gaza, où sévit selon l’ONU une famine, est arrivée à un « point de rupture », a déclaré jeudi la cheffe du Programme alimentaire mondial, Cindy McCain, après une visite sur place. « J’ai rencontré des enfants qui meurent de faim recevant des traitements pour malnutrition grave, et j’ai vu des photos d’eux quand ils étaient en bonne santé. Ils sont méconnaissables », a affirmé la cheffe de cette agence de l’ONU basée à Rome, citée dans un communiqué. « Le désespoir est à son comble et j’en ai été le témoin direct », a-t-elle ajouté. Ces déclarations interviennent alors qu’Israël a intensifié mercredi ses opérations autour de la ville de Gaza malgré la pression internationale pour mettre fin à son offensive, dénonçant les accusations de famine de l’ONU comme « fabriquées de toutes pièces ».
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Cindy McCain s’est rendue à Deir al-Balah, où elle a visité une clinique maintenant en vie des enfants souffrant de malnutrition et a rencontré des mères déplacées qui lui ont raconté leur lutte quotidienne pour survivre. Elle est également allée à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. « Nous devons urgemment être en mesure de relancer notre vaste réseau fiable de 200 points de distribution de nourriture à travers la bande de Gaza, des cuisines communautaires et des boulangeries, a-t-elle affirmé. Il est urgent que les conditions idoines soient en place afin que nous puissions aider les plus vulnérables et sauver des vies. »