August 23, 2025

"Les mauvaises herbes n’existent pas, tout à un rôle" : à la découverte du jardin de Charlotte aux fleurs et de certaines plantes méconnues

l’essentiel
Niché dans le village de Saint-Martin-Labouval, un jardin, ouvert au public, regorge de surprises et de végétaux étonnants. Bienvenue chez Charlotte aux fleurs, un petit paradis, tenu par une fine connaisseuse des plantes et de leurs secrets, et pour qui les “mauvaises herbes” n’existent pas. Découverte.

“Ici, à part les plantes qui sont dans la serre, je n’arrose rien, même en pleine canicule”. Assise sur une chaise blanche, Charlotte regarde vivre son jardin. “Comment est-ce que je fais ? Je fais de la permaculture, je reproduis ce que fait la nature. Je ne laisse pas de terres vides, je n’enlève pas les feuilles qui tombent au sol, je laisse les herbes pousser, les insectes aller et venir…”, sourit-elle.

Le jardin de Charlotte aux fleurs est ouvert au public.
Le jardin de Charlotte aux fleurs est ouvert au public.
DDM – Jean Rémond

Résultat : un petit coin de paradis, où des dizaines et des dizaines de plantes cohabitent. Elles rampent, grimpent, courent sur le sol. Des feuilles aux différentes nuances de vert, des fleurs rouges, jaunes ou bleutées… Pourtant, il y a cinq ans, ce jardin, ouvert au public dans le village de Saint-Martin-Labouval, n’était qu’un champ de ronces. “J’ai tout défriché, j’ai posé ma tente et j’ai observé la nature. Années après années, des choses se sont créées”, se rappelle-t-elle.

Charlotte n’arrose que les plantes en serre, même en période de canicule, grâce à la permaculture.
Charlotte n’arrose que les plantes en serre, même en période de canicule, grâce à la permaculture.
DDM – Jean Rémond.

Alors, quand on parle à Charlotte de “mauvaises herbes”, elle grince des dents. “Les mauvaises herbes n’existent pas, tout a un rôle”, assure-t-elle. “Regarde, le topinambour devant nous, poursuit Charlotte en pointant du doigt de hautes herbes. On parle de plante envahissante mais elle permet une abondance de végétation. Les feuilles font de l’ombre aux autres plantes et, à la fin de l’été, une fleur naît, ce qui créer de la matière ligneuse pour pailler le jardin en hiver”. Et bien sûr, les tubercules se mangent.

Le topinambour fait de l’ombre aux autres plantes grâce à ses feuilles.
Le topinambour fait de l’ombre aux autres plantes grâce à ses feuilles.
DDM – Jean Rémond

“L’abondance vient de la diversité”

Un peu plus loin, Charlotte s’arrête devant un champ de ronce. “Pareil pour cette plante. On peste souvent contre la ronce, mais elle protège les oiseaux, nourrit les animaux avec les mûres, on peut faire de la tisane avec ces feuilles si on les récolte au printemps…”, énumère-t-elle. Et l’ortie alors ? “C’est une plante magique ! Elle dépollue les sols, on peut la manger après avoir cassé les acides et elle est 40 fois plus vitaminée que l’orange. L’ortie protège aussi les tomates du mildiou (une maladie qui affecte les plantes NDLR)”.

Les ronces protègent les oiseaux et nourrissent les animaux.
Les ronces protègent les oiseaux et nourrissent les animaux.
DDM – Jean Rémond

Charlotte continue son chemin. “Ah ! L’eupatoire à feuilles de chanvre, les animaux viennent se frotter à cette plante gigantesque pour cicatriser leurs blessures”, explique-t-elle. À quelques pas de ce magnifique végétal aux feuilles violettes, un autre, bien connu, montre ses feuilles. Vous savez, ces petites boules qui s’accrochent à vos cheveux et vos vêtements ? “Eh bien c’est la grande bardane. C’est grâce à cette plante que le velcro a été créé ! Les feuilles se mangent et c’est l’une des seules plantes qui soigne les problèmes de prostate chez l’homme”, enseigne Charlotte. Comme quoi, toutes les plantes ont leur histoire, et leur utilité.

La grande bardane, plante à l’origine du velcro.
La grande bardane, plante à l’origine du velcro.
DDM – Jean Rémond

Pour finir, Charlotte livre quelques conseils aux amateurs de jardinage. “Je pense que ce n’est pas une bonne idée d’enlever toutes les plantes au sol pour avoir une terre dite “parfaite”. Ces plantes ramènent des insectes, les fleurs attirent les abeilles et favorisent la pollinisation des légumes… L’abondance vient de la diversité, la monoculture appauvrit les terres”. Elle explique aussi qu’il est intéressant de planter des légumes proches des arbres, “car leurs racines profondes vont faire remonter l’eau”. Alors, peut-être vaut-il le coup d’y penser à deux fois avant d’arracher les “mauvaises herbes”, non ?

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