April 28, 2026

"Quand le peuple laroquais se déplace, ce n’est pas pour rien" : la folle journée du club de rugby de Laroque-d’Olmes, sacré champion d’Occitanie, et de ses formidables supporters

l’essentiel
Au terme d’une finale irrespirable face à Saint-Gély Pic-Saint-Loup, l’ES Laroque-d’Olmes a décroché son premier bouclier d’Occitanie en Régionale 2. Portés par la ferveur de tout un village et une solidarité héroïque sur leur ligne d’en-but, les Ariégeois confirment la légende : au pays d’Olmes, les années en “6” sont toujours synonymes d’histoire.

Les années en 6 réussissent décidément bien à l’ES Laroque-d’Olmes. Au bout du suspense, du sacrifice sur leur ligne d’en-but, les joueurs du pays d’Olmes décrochent leur premier bouclier d’Occitanie. Ce titre de Régionale 2 intervient après des phases finales au cours desquelles les Ariégeois sont passés par toutes les émotions. Mais aucun obstacle ne leur a résisté. Cédric Pichéric, le Monsieur plus de l’ESL depuis des années, savourait ce moment de grâce.

« Ce titre a une énorme saveur. Le groupe a pris en maturité et il est récompensé. Même quand on a été dans un temps faible, on a su se resserrer. On fait tous ce petit effort supplémentaire, que seuls les Laroquais connaissent, pour ramener ce bout de bois. Laroque, c’est tout un village, des dirigeants qui travaillent énormément pour nous. On se sent comme à la maison, on a l’impression qu’on retrouve nos grands-parents tous les mercredis, tous les vendredis. Ce lien qu’on crée nous permet de nous sacrifier sur le terrain ». Les joueurs sont allés longuement partager leur bonheur avec les supporters qui avaient fait le déplacement à Port-la-Nouvelle. « On sait que quand le peuple laroquais se déplace, ce n’est pas pour rien. On est des sauvages, que ce soit sur le terrain ou en dehors (rires). Mais toujours dans le respect. »

Les joueurs et les membres du staff se sont retrouvés ce lundi pour prolonger les festivités.
Les joueurs et les membres du staff se sont retrouvés ce lundi pour prolonger les festivités.
DR.

La pause fraîcheur refusée par les Héraultais

Le petit stade Roger-Couderc était aux couleurs sang et or. Dès midi, le parking du stade se transforme en restaurant en plein air. Les joueurs de l’équipe réserve (qui avaient voyagé avec leurs copains) ont rejoint tous les passionnés de l’ESL. L’ambiance est à la décontraction. Laroque-d’Olmes est dans la place. Éric, le papa d’Olivier Torro, a fait le déplacement de Saint-Médard-en-Jalles pour faire la surprise à son fils. En 9 ans, c’est la première fois qu’il va voir son fils jouer avec le maillot sang et or.

Les téléphones vibrent, le bus des joueurs n’est plus très loin. Les supporters se mettent en condition. C’est le bus de Saint-Gély Pic Saint-Loup qui se présente le premier. Les Héraultais sont surpris. Mais on sent déjà la tension chez certains dirigeants qui n’hésitent pas à venir « titiller » les Laroquais. Mais pas de quoi les impressionner. Le vacarme redouble quand les partenaires du capitaine Julien Tartié arrivent, quelques secondes plus tard. En voyant son père, Olivier ne peut retenir ses larmes. Ce match est déjà historique. La haie d’honneur est un beau moment. C’est tout un village qui est au soutien de ses joueurs. Il est à peine 14 heures et voilà, déjà, les supporters laroquais qui investissent la seule petite tribune. Ils ont le temps, les supporters héraultais n’arriveront qu’au dernier moment.

Dans les vestiaires, la tension monte gentiment. En venant découvrir la (superbe) pelouse, les joueurs passent devant le bouclier. Six noms sont inscrits dessus : Saint-Lary, Boulogne-sur-Gesse et Sidobre Montagne, les derniers champions de Première série, Corbières XV, RC Bassiès et Fleury/Coursan, les trois derniers lauréats de Régionale 2. Qui va rajouter son nom ? Les Laroquais viennent tous saluer Julien Hernandez. Le préparateur physique du club est un grand superstitieux. Il n’accompagne jamais les joueurs, ne va jamais dans les vestiaires, ne pénètre jamais sur le terrain.

Ce coup-ci, ça va encore marcher. La chaleur est accablante. Mais la pause fraîcheur est refusée par les Héraultais. « C’était de bonne guerre » rigole Frédéric Vidal à la fin du match. Quand ils entrent sur le terrain, à 15h05, les Laroquais savent qu’ils peuvent écrire l’histoire. Le matin, ils se sont retrouvés à l’église du Castella de Laroque-d’Olmes. Un passage obligé à chaque grand événement pour le club.

La haie d’honneur des supporters laroquais à leur arrivée au stade.
La haie d’honneur des supporters laroquais à leur arrivée au stade.
DDM. – Sébastien Batteux.

« Si on ne marque pas là, on va perdre »

Pendant plus de quatre-vingts minutes, la tension est à son maximum. Les coaches ariégeois tentent de rassurer leurs joueurs. À l’image de Nicolas Dhers ou Guillaume Biscay, « je crois que j’ai une côte pétée », tout le monde va au-delà de ses capacités. Les dernières minutes sont étouffantes. « Si on ne marque pas là, on va perdre. » Frédéric Vidal essaie de conjurer le mauvais sort. Mais ses joueurs sont héroïques sur leur ligne. Le coup de sifflet de M. Boix intervient comme une libération. Les coaches ariégeois s’enlacent avant d’aller célébrer avec leurs joueurs. Petit à petit, les supporters les rejoignent sur la pelouse.

Eva, la compagne d’un joueur laroquais, est là. Elle a le sourire. Mais, de toute façon, c’est peut-être la seule qui était sûre de ne pas perdre ce dimanche. Elle est en effet originaire de… Pic Saint-Loup ! Joli clin d’œil du destin. Il est alors temps de reprendre la route. Comme lors de chaque titre, les joueurs arrivent à Laroque-d’Olmes sur la remorque d’un tracteur. La soirée et la nuit s’annonçaient longues. Rendez-vous en 2036. C’est sûr, cette année-là, l’ES Laroque-d’Olmes gagnera un autre titre.

En attendant le coup d’envoi, on passe son temps comme on peut.
En attendant le coup d’envoi, on passe son temps comme on peut.
DDM. – Sébastien Batteux.

Frédérick Dedieu : “Le rugby ariégeois se porte bien”

Après avoir assisté, samedi, à la superbe victoire de l’US Tarascon-sur-Ariège à Trèbes, Frédéric Dedieu (président du comité de l’Ariège de rugby) avait fait le déplacement à Port-la-Nouvelle. « Deux boucliers pour Tarascon et Laroque, c’est magnifique, en plus après deux très belles finales. Il y a eu un engagement total et un super état d’esprit sur le terrain. Laroque est allée chercher cette victoire malgré quelques erreurs en deuxième mi-temps. Il y a eu des reconstructions de clubs en Ariège, avec de nouvelles générations, je crois que le rugby ariégeois se porte bien et qu’il peut faire de bonnes performances en championnat de France. »

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