Ce week-end au Stadium de Toulouse, le TFC puis le Stade Toulousain ont disputé une rencontre de championnat sur la même pelouse à moins de 24 heures d’intervalle. Un véritable défi logistique pour les équipes de l’enceinte qui se sont activées dans la nuit pour permettre aux supporters toulousains de vivre cet événement inédit.
Samedi 25 avril, 22 h 56. Clément Turpin siffle la fin de la rencontre, le TFC arrache le match nul sur sa pelouse du Stadium face à Monaco (2-2) lors de la 31e journée de Ligue 1. Dimanche 26 avril, 21 h 05. Thibault Santamaria est censé siffler le coup d’envoi de Stade Toulousain-ASM Clermont, match de clôture de la 22e journée de Top 14, sur cette même pelouse du Stadium.
Moins de 24 heures, près de 60 000 spectateurs accueillis sur le week-end dans l’enceinte la plus emblématique du sport toulousain. Entre-temps, un ballet de personnes s’est activé en coulisses pour permettre la tenue de ces deux matchs. La genèse de cette idée ? La volonté des deux clubs de s’associer, tout un week-end durant, avec la sortie d’un maillot inédit, porté par les deux équipes, dans un projet intitulé “Capitolium”.
L’un des défis principaux, rendre le Stadium disponible pour les rugbymen et leur public moins de 24 heures après la fin de la rencontre du TFC. “Il y a eu, au fil des mois, plusieurs réunions de plus en plus précises sur le contenu”, explique Damien Consola, directeur des sports à la mairie de Toulouse. Le stade étant la propriété de la métropole toulousaine, c’est à elle et ses agents qu’est revenue la tâche de remettre le Stadium en conditions.
Dès le coup de sifflet, des équipes au taquet
Pour y parvenir, dans la nuit du samedi au dimanche, l’enceinte se transforme en “fourmilière”. À peine Rasmus Nicolaisen et ses coéquipiers ont-ils quitté le gazon qu’une colonie de spécialistes s’active pour le bichonner. Vers 23 heures, “une équipe additionnelle, avec notamment 12 jardiniers, arrive pour faire tous les travaux de réparation de la pelouse, effacer les lignes, retracer les nouvelles pour le rugby, enlever les buts, mettre les poteaux de rugby”, énumère le directeur des sports. Les supporters violets n’avaient pas encore quitté la bodega que les jardiniers effaçaient déjà les lignes à grands coups de jet d’eau à haute pression.

Et on ne parle là que du travail sur la pelouse, indispensable certes, mais qui n’est qu’une infime partie de ce défi logistique. “À côté, nous avons des équipes de la métropole qui ont coordonné le travail de nombreux prestataires venu faire tout le nettoyage des tribunes, des gradins, mais aussi de réparation quand il y a de la casse dans les sanitaires ou sur les sièges”, détaille Damien Consola, qui se félicite de l’absence de “heurts” durant TFC-Monaco, ce qui facilite grandement le travail des agents.
Un stade, deux identités
Le Stadium n’est pas le même en version TFC et en version Stade Toulousain. Premier exemple, le “parcage visiteur”, obligatoire en Ligue 1 mais absent en Top 14, qui oblige la métropole à mobiliser “des prestataires qui démontent les grilles et des cordistes qui relèvent les filets de protection pour opérer la transformation de ce quart de virage ouest”. Une tâche qui prend “facile 3 heures par filet”, nous répond l’un des deux cordistes, harnaché et casqué.

Plus important encore, le marquage publicitaire. “La métropole, en tant que propriétaire exploitant, s’engage à livrer pour le match du dimanche un stade vierge de publicité. Le TFC, avant son match fait tout son habillage avec affiches, stickers et pendant la nuit, nous avons enlevé certains éléments et masqué d’autres pour que le Stade Toulousain puisse mettre l’enceinte à ses couleurs”. Pour parvenir à ce rendu, le Stadium est resté allumé jusque tard dans une nuit où “une quarantaine de personnes” ont travaillé, entre ceux qui installent et ceux qui démontent.

Un dur labeur qui a duré jusqu’à “5 heures du matin” où “un prestataire du Stade Toulousain et de la LNR” vient apposer le tracé d’une publicité sur la pelouse, présente sur toutes les rencontres diffusées par Canal +. Dernière étape à “7 heures du matin”, avec “l’ouverture des portes au Stade Toulousain”. De nouvelles équipes restent ensuite mobilisées pour procéder aux derniers préparatifs, “arrosage” et “retouches”, “comme pour un match classique”. Grâce à cet imperceptible travail de l’ombre, spectateurs et joueurs ont pu profiter de conditions parfaites, bien que différentes, deux fois dans le week-end.

