Après l’audition par la commission d’enquête parlementaire, puis l’annonce de négociations en vue de vendre le pôle défense d’Europlasma, la CGT réclame davantage d’implication et d’écoute de l’État.
Quel avenir pour les Forges de Tarbes ? En moins de huit ans, le dernier bastion industriel de l’Arsenal a changé à quatre reprises de mains. Et son dernier repreneur, le groupe Europlasma, vient d’annoncer l’ouverture de négociations en vue de céder son pôle défense, dont “les Forges de Tarbes sont la seule des quatre unités vraiment opérationnelle à ce jour”, regrette le CGT.
Une annonce survenue quelques semaines après la convocation devant la justice par la direction de Josiane Fretier, ancienne déléguée syndicale CGT (affaire qui n’a pas été jugée sur le fond) et quelques jours après l’audition par la commission d’enquête parlementaire sur “la prédation des fonds spéculatifs sur notre tissu industriel”. “Pourtant, ils n’ont cessé de dire durant leur audition qu’ils allaient investir, peste José Navarro, de la CGT. Et derrière, on apprend que le groupe va céder son pôle défense. Ils ont menti et c’est pourquoi ils vont être réentendus ce jeudi 23 avril par la commission. On espère que là, ils diront enfin la vérité et préciseront avec qui ils négocient pour la vente.”
Car dans une usine qui tourne au ralenti, passée de 3*8 en 2*8 ces derniers mois, avec une seule commande en cours de Nexter-KNDS pour 30000 corps (“loin des effets d’annonce”), “les salariés ont besoin d’être rassurés. Ça fait des années qu’on fait part de nos craintes pour ce site stratégique, aux dirigeants mais aussi aux pouvoirs publics. Aujourd’hui, les quatre parlementaires ont saisi la ministre des armées sur l’avenir industriel du site. Pourquoi n’y a-t-il pas de commission de suivi industriel mise en place par l’État ? Surtout avec les sommes engagées par la collectivité. Même le maire n’était pas informé que le foncier du site avait été vendu pour combler la trésorerie. On écoute les dirigeants, qui sont des équilibristes de la finance, plutôt que les salariés.”
Aussi, le syndicat CGT interpelle le préfet “pour qu’il nous reçoive. Qu’attendons pour aller plus loin ? Pourquoi n’y a-t-il pas de commissaire du gouvernement nommé sur ce site stratégique ? Il en va de l’intérêt national et de l’intérêt social des salariés qui sont éprouvés” estime José Navarro.

