Le président américain Donald Trump lors d’une réunion de son « Conseil de la Paix », à Washington, le 19 février 2026. MARK SCHIEFELBEIN/AP/SIPA
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Qu’est donc devenu le « Conseil de la Paix » (Board of Peace) de Donald Trump ? Mi-janvier, le président américain avait publié une charte présentant les contours internationaux de cette instance qui ambitionne de concurrencer l’ONU, avec un ticket d’entrée d’un milliard de dollars pour un siège permanent.
Censé superviser le plan américain visant à mettre fin à la guerre d’Israël à Gaza à l’origine, le Conseil de la Paix assume dans sa charte la volonté de proposer une alternative au système international existant. Elle avance « la nécessité d’un organisme international de consolidation de la paix plus agile et plus efficace » et « le courage de s’écarter des approches et des institutions qui ont trop souvent échoué », une allusion claire aux Nations unies. Trois mois plus tard et alors que les Etats-Unis mènent désormais une guerre contre l’Iran, « le Nouvel Obs » fait le point.
• 28 Etats membres
A ce jour, selon le site de l’organisation, vingt-sept pays, parmi une soixantaine invités, sont devenus officiellement membres du Conseil de la Paix aux côtés des Etats-Unis – Albanie, Arabie saoudite, Argentine, Arménie, Azerbaïdjan, Bahreïn, Biélorussie, Bulgarie, Cambodge, Egypte, Emirats arabes unis, Hongrie, Indonésie, Israël, Jordanie, Kazakhstan, Kosovo, Koweït, Maroc, Mongolie, Ouzbékistan, Pakistan, Paraguay, Qatar, Salvador, Turquie, Vietnam. On retrouve majoritairement des alliés ou des pays alignés sur la politique de Donald Trump, pointait l’ONG Amnesty International début mars.
Le conseil exécutif de l’organisation, dont on peut lire la composition sur le site de l’organisme, est notamment composé de proches de Donald Trump, dont le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, l’émissaire du président Steve Witkoff ou son conseiller et gendre Jared Kushner. On y retrouve aussi Ajay Banga, président de la Banque mondiale, ou l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair. En mars, Amnesty International indiquait que « d’autres chefs d’Etat ont été invités à participer, comme Vladimir Poutine, qui n’a, à ce jour, pas rejoint le Conseil ».
• Une première réunion avec des Européens en ordre dispersé
La première réunion du Conseil de la Paix a eu lieu à Washington, le 19 février. Elle réunissait une cinquantaine de pays. Certains étaient des membres de l’organisation. Les autres étaient présents à titre d’« observateurs ». Si des pays comme la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne ou l’Espagne ont refusé d’y participer, d’autres, comme l’Italie, la Roumanie, la Grèce ou Chypre, y avaient pris part comme « observateurs ». La Commission européenne a également assisté à cette première réunion en tant qu’« observatrice », sans l’accord des Etats membres de l’Union européenne.
Où en sont les Vingt-Sept, trois mois après la création du Conseil de la Paix et deux mois après sa première réunion ? Lundi 20 avril, lors d’une conférence de presse du comité de liaison ad hoc pour l’aide au développement en faveur du peuple palestinien, Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne et vice-présidente de la Commission européenne, a indiqué « travailler avec le Conseil de la Paix mais ne pas le rejoindre ». « Telle que présentée au Conseil de Sécurité de l’ONU, l’action du Conseil était plus restreint et sa nature temporaire. Mais la charte ne mentionne pas ces points », a-t-elle justifié, soulignant malgré tout la nécessité de « travailler tous ensemble dans un même but ».
• Des discussions pour « reconstruire Gaza »
Pour ce qui est de son action, des représentants du Conseil de la Paix se sont entretenus avec la multinationale publique de Dubaï DP World au sujet de la gestion des chaînes d’approvisionnement et des projets d’infrastructure dans la bande de Gaza, a rapporté le « Financial Times » ce mardi 21 avril. Le quotidien britannique indique que les discussions ont porté sur les perspectives d’un partenariat entre les deux entités pour la gestion de la logistique.
Ces efforts porteraient sur l’aide humanitaire et d’autres marchandises entrant dans l’enclave palestinienne, y compris l’entreposage, les systèmes de suivi et la sécurité. A également été évoquée l’idée de la construction d’un nouveau port à Gaza ou sur la côte égyptienne voisine, construit par la société des Emirats arabes unis, qui pourrait également développer une zone de libre-échange dans le territoire.
Lundi, la Banque mondiale, des Nations unies et de l’Union européenne ont annoncé évaluer à 71,4 milliards de dollars (60,7 milliards d’euros) les besoins de reconstruction ces dix prochaines années dans l’enclave.

