April 19, 2026

Un père a violé sa fille pendant cinq ans, il est condamné à onze années de réclusion criminelle

l’essentiel
Pendant cinq ans, entre 2017 et 2022, un père a violé sa fille. Elle avait alors de 5 à 10 ans. Cet homme a reconnu les faits. Il a été condamné à onze années de réclusion criminelle à l’issue de deux jours de débats devant la cour criminelle de la Haute-Garonne.

Comment juger des faits qui, à leur simple énoncé, provoquent l’effroi le plus total ? Cette fin de semaine, la cour criminelle départementale de Haute-Garonne, réunie à Toulouse, s’est évertuée à répondre à cette épineuse question. L’accusé, qui va comparaître, vient de pénétrer dans le box, la présidente de la juridiction, Valérie Noël, rappelle ce qu’il lui est reproché : le viol de sa fille de 2017 à 2022, soit de ses cinq à ses dix ans.

L’homme, âgé de 50 ans, taille chétive, regard meurtri, dégage un air invariablement triste. Toutefois, au moment de prendre la parole, sa voix ne tremble pas : “J’avoue tout ce qui m’est reproché”, indique-t-il à la cour, non sans la surprendre. Cette ouverture change la physionomie d’un procès qui constituera la quintessence de ce que la justice pénale a de plus noble à offrir.

Le courage d’une enfant de 10 ans

Tous les acteurs de cette audience tâcheront d’en faire un moyen de sortir par le haut pour l’accusé et pour la victime. À commencer par les avocates de cette dernière, premières à plaider. Mes Tabata Quentin et Myriam Guedj Benayoun s’emploient toutes deux à exprimer l’inexprimable : ce qu’a enduré leur cliente.

Me Quentin s’émeut du courage “d’une enfant de dix ans qui a osé parler”. Quant à Me Guedj Benayoun, si elle salue la qualité des débats menée par la présidente Noël ainsi que l’élégance des avocats de la défense, elle rappelle tout de même à l’accusé, en citant Camus, “Un homme, ça s’empêche.”

Une vie de fuite

Dans leur sillage, l’avocat général, Martial Renaud, prend la parole pour son réquisitoire, au terme duquel il demande 12 ans de réclusion criminelle. Pour les avocats de la défense, Mes Ioana Massonnat et Julien Aubry, la tâche est immense. Ses défenseurs décrivent un homme dont le parcours de vie chaotique l’a profondément isolé.

Ses avocats narrent l’itinéraire de sa famille qui, pour fuir les Khmers rouges au Cambodge, a émigré successivement au Vietnam, à Hong Kong, passant d’un camp miséreux à l’autre pour enfin arriver en France à l’adolescence de leur client. Me Massonnat loue aussi les bienfaits d’une audience qui permettra “de redonner à cet homme une place dans notre communauté”.

Après délibéré, les magistrats professionnels qui composent la cour criminelle condamnent l’accusé à 11 ans de réclusion criminelle. Le terme de ce procès tragique illustre ô combien cette étape est capitale tant pour les victimes que pour l’accusé.

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