Le catch amateur séduit le Lot grâce à la Hellfire Championship Wrestling. À Prayssac, le gymnase s’est mué en ring devant des centaines de fans ce samedi 18 avril, au soir. Une passion locale qui redonne souffle à ce spectacle sportif.
“Je regardais avec mon père quand j’étais petit, vers quatre ou cinq ans. J’ai un peu lâché quand j’ai eu vingt ans, et depuis que mon fils est né on s’y est remis”, sourit Brice. Ce papa est donc venu avec Owen, son petit, habillé d’un teeshirt à l’effigie d’un sportif. Tous deux ont fait deux heures de route depuis Rodez pour rejoindre le gymnase de Prayssac. L’endroit se transforme en ring le temps d’une soirée, ce samedi 18 avril. Yann Fernandez, catcheur lotois et fondateur de l’école “Hellfire Championship Wrestling” (HCW) dans la petite ville, organise son deuxième show.
Le premier, qui s’est tenu en décembre dernier à Cahors, avait attiré plus de 800 personnes. “L’ambiance dans la salle était grisante, le public était transporté dans la magie du moment. C’était une super soirée !”, se remémore Marine, qui y a assisté. Évidemment, elle ne se voyait pas louper cette nouvelle occasion de voir du catch.

“Étant de la génération qui a grandi avec la WWE à la télé pendant mon adolescence, j’ai toujours vu ce sport et ce spectacle comme quelque chose à regarder derrière un écran sans pouvoir imaginer le voir de mes yeux un jour”, sourit la jeune femme, qui fait patiemment la queue pour assister au show.
“Heureusement qu’on a la passion vu le prix de l’essence !”
Dans les chaises entourant le ring, les Lotois trépignent d’impatience. Mais ils ne sont pas seuls. Certains viennent de loin, comme Dax, et d’autres d’un peu plus près, comme Toulouse. A l’image de Cédric, 26 ans, et Quentin, 28 ans. Ces derniers sont des élèves de la HCW. “Deux fois par semaine, on prend la route pour Prayssac… Ça fait trois heures aller-retour. Heureusement qu’on a la passion vu le prix de l’essence !”, s’amuse l’étudiant. Ce dernier pointe un fait : avant l’école prayssacoise, il n’y avait pas grand-chose dans le Sud-Ouest. “Il y a une école à Bordeaux, mais ça fait vraiment loin”.
Le jeune homme a commencé le catch il y a un peu plus de deux mois. “J’ai toujours été fan de cette discipline, j’ai toujours voulu essayer. Puis, un jour, je suis tombé sur une vidéo d’un Youtubeur qui parlait de la Hellfire Championship Wrestling. Je me suis décidé à y faire un stage découverte, et ça m’a tout de suite plu !”, raconte-t-il. Depuis, il s’est inscrit à l’école. “C’est le côté théâtral qui me plaît. Ça a quelque chose de libérateur. Et cela reste un sport exigeant”, sourit le sportif.

Un constat que partage son acolyte, Quentin. “Je n’avais pas une condition physique terrible terrible, s’amuse-t-il. Mais Yann, avec son expérience de coach, me permet d’avoir un suivi. Le catch, ça a amélioré mon cardio, ma souplesse, et mes réflexes.” Il ajoute : “Il faut s’accrocher physiquement”. Ce dernier est inscrit à la HCW depuis septembre dernier. “J’ai découvert le catch quand j’avais 12 ou 13 ans. Je fais partie de la génération NT1 : le sport était diffusé sur des horaires de grande écoute. Ça m’a beaucoup intéressé. Puis, j’ai eu un gros passage à vide. Ce n’est que depuis 2019 que j’ai repris. Je n’arrêtais pas de me dire qu’un jour, je monterais sur un ring”. Et c’est chose faite pour Quentin. Ce samedi, il est à la régie. “Je vais devoir gérer l’entrée des catcheurs, les lumières… C’est une sacrée tâche !”, confie-t-il, le sourire dans la voix.
Les lumières vont bientôt s’éteindre et le spectacle va pouvoir commencer. L’impatience gagne les rangs. “Ça va être spectaculaire. Et dans les shows comme ça, les catcheurs sont proches. Owen repart souvent avec des autographes et des photos”, raconte Brice. Le petit a des étoiles dans les yeux. La musique se lance, et la voix de l’hôte résonne. Que les combats prennent place.

Quentin, concentré à la régie, sait d’ores et déjà que le show va être réussi : “J’ai déjà vu certains des talents sur le ring. Ça va être de la grande qualité. Le leader match va être très impressionnant. Pour le public, il faut qu’ils arrivent à se lâcher et à se laisser aller par la foule. On acclame les gentils, on hue les méchants. On suit les chants lancés par les autres. Ça va être grandiose !” Et ça l’a été. Encore un pari réussi pour Yann Fernandez, catcheur lotois, qui n’a pas fini de mettre la lumière sur cette discipline.

