Des Casques bleus au Liban, le 21 mai 2023. Photo d’illustration MAHMOUD ZAYYAT / AFP
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Le Premier ministre libanais a annoncé samedi qu’une attaque avait eu lieu contre des Casques bleus français dans le sud du pays, au deuxième jour de la trêve avec Israël. Un militaire français, le sergent-chef Florian Montorio, a été tué, a affirmé Emmanuel Macron, mettant en cause le Hezbollah. Trois autres soldats ont été blessés. « Le Nouvel Obs » fait le point.
• Macron annonce un mort français et trois blessés, et accuse le Hezbollah
Le président Emmanuel Macron a fait état d’un mort chez les militaires français après une attaque contre des Casques bleus dans le sud du Liban : « La Nation s’incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban », a déclaré le chef de l’Etat français sur X.
Le soldat tué est le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban. La gravité des blessures des trois autres militaires n’a pas été précisée.
« Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah, a ajouté Emmanuel Macron. La France exige des autorités libanaises qu’elles arrêtent immédiatement les coupables et prennent leurs responsabilités aux côtés de la FINUL. » Le Hezbollah est un groupe militaire islamiste chiite allié de l’Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.
• Une attaque dans le sud du Liban
Selon un porte-parole de la Force d’interposition de l’ONU au Liban (Finul) joint par l’AFP, un « incident s’est produit » samedi matin à Ghandouriyé dans le sud du Liban. Il a précisé qu’une « enquête » avait été ouverte, sans plus de détails dans l’immédiat sur les circonstances ou les victimes éventuelles. La Finul dénoncé une attaque « délibérée », estimant que les auteurs de l’embuscade étaient vraisemblablement le Hezbollah.
Le sergent-chef Montorio a été tué « par un tir direct à l’arme légère », a précisé la ministre des Armées Catherine Vautrin sur X. « Il était en mission d’ouverture d’itinéraire vers un poste de la Finul isolé depuis plusieurs jours par les combats dans la zone, il a été pris dans une embuscade par un groupe armé à très courte distance », a-t-elle détaillé, soulignant que ce « sous-officier expérimenté » avait déjà été « déployé plusieurs fois en opération ».
« La Nation s’incline devant la mémoire d’un de ses fils qui a donné sa vie pour elle. Mes pensées vont à sa compagne, à ses enfants, à ses proches et à ses frères d’armes », a ajouté la ministre.
Ce décès survient près d’un mois après la mort d’un autre militaire français au Moyen-Orient, l’adjudant-chef Arnaud Frion, 42 ans, tué dans la région d’Erbil au Kurdistan irakien, dans une frappe de drone « perpétrée par une milice pro-iranienne », selon les propos d’Emmanuel Macron lors d’un hommage national.
• Le Hezbollah dément toute implication
Le Hezbollah a démenti toute implication dans l’attaque : « Le Hezbollah nie avoir un lien avec l’incident survenu avec la Finul », selon un communiqué. Il a appelé à « faire preuve de prudence […] avant d’attribuer des responsabilités concernant l’incident, en attendant les résultats de l’enquête de l’armée libanaise ».
• Le président libanais promet de poursuivre les responsables
Le Premier ministre libanais a condamné cette attaque : « Je condamne fermement l’agression contre des membres du contingent français » des Forces intérimaires de l’ONU (Finul), a déclaré Nawaf Salam sur X, disant avoir ordonné l’ouverture d’une « enquête immédiate » en vue d’arrêter les responsables. Le président du Parlement libanais Nabih Berri, allié du Hezbollah, a condamné samedi l’attaque meurtrière contre des Casques bleus français.
Emmanuel Macron s’est par ailleurs entretenu samedi avec le président libanais Joseph Aoun et Nawaf Salam, leur demandant de « garantir la sécurité des soldats de la Finul », déployée au Liban depuis 1978, composée de plus de 7.000 militaires, dont plus de 600 Français.

