Aujourd’hui président du XV à Table, Philippe Berniès n’a connu qu’un club, en ce qui concerne le rugby tout au moins, puisqu’il débuta au basket, à Aubiac plus précisément.
Il joue au basket, avec un copain qui pratique le rugby au SUA, et qui l’entraîne à Armandie. C’est la découverte : « En fait, le contact me manquait au basket, sans que je m’en rende vraiment compte. » À 20 ans, il intègre donc l’équipe de Nationale B, qu’on n’appelle plus la réserve, et, très vite, la détente verticale de ce solide gaillard fait des ravages.
À lire aussi :
Pro D2 : et Lucas Martins surgit ! Le contrat est rempli pour le SU Agen, avec une victoire bonifiée contre un vaillant Biarritz
Au point que l’entraîneur de l’époque Michel Couturas lui fait faire quelques matchs avec la une. « À l’époque, en touche, il n’y avait pas de lift, et, en premier sauteur, avec ma détente verticale, je prenais des ballons exploités par des attaquants exceptionnels. »
Et puis vint la consécration. C’était le temps où on jouait les huitièmes de finale en match aller et retour. À l’aller, Dax était venu faire match nul (15-15) face à des Agenais privés de ballon, et le retour promettait d’être difficile.
À lire aussi :
ENTRETIEN. Pro D2 : “On a manqué d’énergie…” L’analyse de Guillaume Jan après le succès du SU Agen contre le Biarritz Olympique
À Pierre Albaladéjo qui faisait semblant de plaindre les Agenais, Michel Couturas répondit : « À Dax, je sors un lapin de mon chapeau ! » Le lapin en question était Philippe Berniès, qui rafla tous les ballons en touche, et Agen s’imposa (41-15).
À lire aussi :
Pro D2 : “On a manqué d’un peu de pétillant”, les premières réactions après la victoire du SU Agen contre Biarritz
Aujourd’hui, spectateur-supporter, il pose sur le rugby un œil plus critique : « Il est devenu professionnel, et on ne sait pas trop où il va, mais il y va. J’avoue que je ne suis pas un assidu de ce rugby-là, même si Agen reste mon club de cœur. Ce jeudi, le match est parti sur les chapeaux de roues, avec une maîtrise du ballon impressionnante de la part des Agenais. Par la suite, c’était un peu plus compliqué. J’ai été très surpris des erreurs faites sur les renvois, où on n’a pas eu un ballon. On a de la chance, dans la mesure où les Biarrots n’ont jamais pu tromper une défense incroyablement en place. Ils ont reculé sur toutes les attaques, et j’ai l’impression qu’ils auraient pu attaquer toute la nuit, cela n’aurait pas changé grand-chose. La première mi-temps a été plutôt aboutie, mais, en seconde mi-temps, on perd la maîtrise du ballon. Durant la deuxième moitié, on remet la main sur le ballon, et tout redevient plus simple. »
Philippe Berniès a toujours cru dans les qualités du groupe, et n’en démord pas : « Je crois qu’ils vont arriver à décrocher cette sixième place. Ce serait un bon cadeau à tous les supporters agenais, mais il y a beaucoup d’équations à résoudre, que je ne m’aventurerai pas à résoudre. Si on est dans les six, tout peut arriver. Avec une équipe comme celle-là qui prend la confiance, on peut tout imaginer. » Il faudra tout de même aller gagner à Oyonnax, mais Philippe Berniès connaît bien les matchs retour…

