Des habitants déplacés rentrent chez eux, au sud du Liban, le 17 avril 2026. IBRAHIM AMRO / AFP
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Une trêve qui ne tient déjà plus qu’à un fil. Le cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban, où le bilan est de plus de 2 000 morts et un million de déplacés depuis le 2 mars, est entré en vigueur ce vendredi 17 avril, comme annoncé par Donald Trump. « J’espère que le Hezbollah se comportera bien pendant cette importante période. Ce sera un GRAND moment pour eux s’ils font cela », avait alors écrit le président américain sur son réseau Truth Social. Mais c’est finalement l’armée libanaise qui, dès l’entrée en vigueur de l’accord, a dénoncé des violations de la part de l’Etat hébreu dans le sud du pays.
Ibrahim Moussaoui, un député du Hezbollah, avait déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) que le mouvement pro-iranien observerait la trêve « à condition qu’il s’agisse d’un arrêt global des hostilités contre nous et qu’Israël ne l’exploite pas pour mener des assassinats ». Face à la poursuite des hostilités, le président français Emmanuel Macron a exprimé sa « préoccupation » que le cessez-le-feu « puisse d’ores et déjà être fragilisé ».
• Célébration des pro-Hezbollah à l’annonce de la trêve
Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l’Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (23 heures jeudi en France). Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran. De nombreux tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement, selon des journalistes de l’AFP.
Des images de l’AFPTV ont montré des personnes retournant dans la banlieue sud de la capitale libanaise, particulièrement ciblée ces dernières semaines, certaines agitant le drapeau jaune du Hezbollah ou portant des portraits de son ancien chef, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024. « Nous sommes fatigués de la guerre et nous voulons la sécurité et la paix », a dit à l’AFP à Beyrouth Jamal Chehab, une femme au foyer de 61 ans, saluant l’accord de trêve.
• « Violations » de l’accord par Israël, les déplacés retournent dans le sud
Mais, quelques heures plus tard, l’armée libanaise a évoqué « un certain nombre de violations de l’accord, plusieurs actes d’agression israéliens ayant été recensés, sans compter les bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages ». Elle a appelé les personnes déplacées par les combats à s’abstenir de retourner immédiatement dans le sud du Liban.
L’armée israélienne a averti qu’elle maintenait son déploiement terrestre dans cette région et a demandé à la population de ne pas revenir sur la rive sud du fleuve Litani.
Malgré ces mises en garde, des journalistes de l’AFP ont vu des embouteillages monstres se former au nord du Litani, motocyclistes et automobilistes patientant pendant des heures pour pouvoir franchir le dernier pont, lourdement endommagé par un bombardement israélien, reliant le sud du Liban au reste du pays.
• Le Hezbollah a « bombardé » des soldats israéliens au Liban
Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir « bombardé un rassemblement de soldats israéliens près de la ville de Khiam », dans le sud-est du Liban, « en réponse à la violation du cessez-le-feu par l’armée d’occupation ».
L’Agence nationale d’Information (Ani, officielle) a rapporté des bombardements contre cette localité et le village voisin de Debbine, ainsi que d’« intenses activités de drones » dans la même région.
• Macron préoccupé par un cessez-le-feu « fragilisé »
Emmanuel Macron a exprimé sa « préoccupation » que le cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël « puisse d’ores et déjà être fragilisé par la poursuite d’opérations militaires ».
« Je demande la sécurité pour les populations civiles des deux côtés de la frontière entre le Liban et Israël. Le Hezbollah doit renoncer aux armes. Israël doit respecter la souveraineté libanaise et arrêter la guerre », a écrit le président français sur le réseau X.
« Il faut tout faire pour que le cessez-le-feu soit respecté […]. La situation libanaise est absolument dramatique », a renchéri Catherine Vautrin, la ministre des Armées, sur TF1.
Réagissant aux propos de l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis qui a affirmé que Paris n’avait rien à faire dans les négociations entre Israël et le Liban, la ministre a affirmé que « personne ne peut remettre en cause les relations entre la France et le Liban ». « Nous avons une présence permanente aux côtés des Libanais […]. Il y a entre la France et le Liban une histoire commune et un accompagnement que rien ne pourra supprimer », a-t-elle insisté.

