Une femme de 61 ans, qui a employé pendant trois ans une femme sans papiers pour s’occuper de son père et de sa compagne à Biarritz, était jugée pour traite d’être humain.
C’est l’histoire d’une femme de 61 ans, cadre dans un grand groupe de télécommunications et directrice RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) en région parisienne. Pour s’occuper de son père âgé de 90 ans et de sa compagne dans leur appartement de Biarritz, elle recrute une employée en 2021. Le contrat prévoit qu’elle fasse le ménage et qu’elle prépare les repas, 5 heures par jour.
Le quotidien de cette femme de 38 ans originaire du Mali est tout autre. Elle doit être disponible à toute heure du jour et de la nuit, n’a aucun jour de repos et doit remplacer l’infirmière pendant ses absences. Elle vit dans une chambre de 6 m² fermée par un simple rideau. De “l’esclavage moderne” selon son avocat. Le quotidien de l’employée est découvert en 2024 après un signalement à l’Inspection du travail.
L’employée aurait dû percevoir 132 000 euros pendant les trois années où elle s’occupe des personnes âgées. Elle a reçu en réalité 40 000 euros, parfois versés avec plusieurs mois de retard.
À la barre du tribunal de Bayonne, la grande patronne a reconnu qu’elle savait que l’employée était sans papier mais elle “pensait qu’elle avait le droit de travailler”, rapporte Ici Pays Basque. Elle a aussi expliqué qu’elle n’avait pas conscience des souffrances de son employée, ni de l’état de santé dégradé de son père. Elle a assuré face au tribunal être “très investie dans le monde associatif auprès des femmes en situation de précarité”.
Poursuivie pour traite d’être humain, elle risque 2 ans de prison avec sursis et le versement de 10 000 euros de dommages et intérêts à l’ex-employée. Son avocat a plaidé la relaxe. Si la traite d’être humain est reconnue, cette ancienne employée se verra accorder automatiquement un titre de séjour en France de 10 ans. Le jugement sera rendu le 18 juin.

