Narges Mohammadi à Téhéran, le 16 janvier 2025. NOOSHIN JAFARI/SIPA
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L’Iranienne Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix, est dans un état « grave » après la crise cardiaque qu’elle a subie le mois dernier, alors qu’elle est détenue en Iran, ont averti mercredi 15 avril ses soutiens.
Sa famille basée en Iran et son équipe juridique ont été autorisées à lui rendre samedi une deuxième visite dans la prison du nord de l’Iran où elle est incarcérée, « au cours de laquelle des signes évidents de dégradation de son état général ont été observés, et son état physique a été qualifié de grave », a indiqué sa fondation dans un communiqué. « La poursuite de cette situation fait peser sur la vie de Narges Mohammadi un risque immédiat et irréparable », a-t-elle dénoncé.
Lors d’une première visite de ses soutiens fin mars, il était apparu qu’elle avait subi une crise cardiaque plus tôt dans le mois. Depuis, Narges Mohammadi « s’est extrêmement affaiblie et a enregistré une perte de poids significative », a déclaré son frère, Hamidreza Mohammadi, basé en Norvège, cité dans le communiqué. L’opposante « est détenue dans une cellule avec des prisonnières inculpées de meurtre et a été menacée de mort à plusieurs reprises par certaines de ces codétenues », a-t-il ajouté.
Une opposante de longue date
Narges Mohammadi, dont les plus de deux décennies de militantisme ont été récompensées par le prix Nobel de la paix en 2023, a été arrêtée le 12 décembre 2025 à Mashhad (est) après avoir critiqué les autorités religieuses iraniennes lors d’une cérémonie funéraire. En février, elle a été transférée dans la prison de Zanjan et n’a été autorisée à communiquer que de façon extrêmement limitée avec sa famille. Zanjan a été bombardée lors de la campagne israélo-américaine contre l’Iran déclenchée le 28 février.
Ces vingt-cinq dernières années, Narges Mohammadi a été à plusieurs reprises condamnée et emprisonnée pour son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire strict imposé aux Iraniennes. Sa dernière arrestation remonte à avant le déclenchement d’un vaste mouvement de contestation contre le pouvoir iranien, auquel le pouvoir a coupé court en janvier par une répression qui aurait fait des milliers de morts.
En février, elle a été condamnée à six années supplémentaires de prison pour atteinte à la sécurité nationale et un an et demi d’emprisonnement pour propagande contre le système islamique de l’Iran. Elle avait alors mené une grève de la faim d’une semaine pour réclamer le droit de téléphoner.

