April 16, 2026

ENTRETIEN. Basket-ball (Nationale 1) : " On a le match aller en travers de la gorge ", avant de recevoir Fos, Ahmed Doumbia se livre sur son intégration et la saison de l’Union

l’essentiel
En 12 ans de carrière, Ahmed Doumbia a connu 4 fois l’Elite 2 (ex-Pro B) à Angers, Blois, Tours et Chartres. Son expérience et son jeu complet dans tous les domaines ont bien sûr attiré l’attention de Stéphane Dao, l’entraîneur de l’Union Tarbes-Lourdes. Contre Loon la semaine dernière, l’arrière unioniste a su prendre ses responsabilités et pousser son équipe vers la victoire (19 points). Comme à Toulouse en septembre (21 points), contre Vitré ou Levallois. Il est l’un des cadres de l’équipe. Pas celui qui se montre le plus. Mais il est capable de marquer le panier décisif au bon moment. Et ce n’est pas rien.

Ahmed après une période difficile, comment l’équipe a-t-elle réussi à redresser la situation ?

Depuis plusieurs semaines, on essayait de trouver le pourquoi d’une baisse d’énergie et de motivation qui se reflétait sur le terrain. L’objectif, c’était de retrouver cet enthousiasme que l’on avait depuis le début de l’année, de retrouver notre identité que l’on avait perdue. On en a conclu que le match à Fos et ensuite la réception de Berck à la maison étaient la cause de cette déroute. Plus la fatigue. Donc c’était à nous de forcer le destin et de ne pas se laisser abattre. L’objectif contre Le Havre était de retrouver de l’énergie et peu importe le résultat, et ensuite de gagner à Loon pour relancer une série de victoires. C’est ce qu’on a réussi à faire. Chacun d’entre nous a réussi à s’ouvrir à l’autre, pour réenclencher cette synergie.

Quel a été le match le plus important ? Le Havre ou Loon ?

Les deux s’inscrivent dans la continuité. Il fallait concrétiser contre Loon. Contre Le Havre, on perd en restant dans le match. On n’a jamais pris d’éclat.

Et voici qu’un des ténors de la division arrive. Qu’en pensez-vous ?

On a beaucoup de respect pour Fos. C’est une grosse équipe, favorite pour la montée. On a encore le match aller en travers de la gorge. Ce sera une sorte de revanche. On a réussi à les faire douter et ce n’est pas parce qu’ils sont premiers du championnat qu’on aura peur. On peut les affronter les yeux dans les yeux.

À Lorient, où vous avez joué plusieurs saisons, on vous surnommait le couteau suisse. Vous êtes d’accord ?

J’essaie de me mettre au service de l’équipe par rapport à ce dont elle a besoin le jour du match. Ce n’est pas évident d’endosser ce rôle. Ça demande d’être comme un caméléon, de s’adapter. Le staff et l’équipe en ont conscience et ils me font confiance. Personnellement, je me sens très bien dans cette équipe. On s’entend très bien. On arrive à bien communiquer et c’est quelque chose que j’ai rarement connu dans ma carrière.

Le match contre Loon a-t-il été votre meilleur match de la saison ?

Pas forcément. Mais c’est vrai que c’est le match où j’ai eu le plus d’impact. En termes d’énergie renvoyée au groupe et au public, il a été important.

Vous avez évolué en Élite 2, vous avez disputé des compétitions internationales avec la Guinée. Quelles sont les différences avec la Nationale 1 ?

Il faut s’adapter ne serait-ce qu’au niveau du style de jeu. Sans oublier les arbitres qui sont complètement différents, qui laissent un peu moins jouer. J’essaie d’apporter toute cette expérience au groupe. J’ai besoin d’un peu de liberté, de m’exprimer, et j’essaie d’apporter ça au groupe, d’être comme un électron libre sur le terrain.

La présence de Mopsus et Ateba, que vous connaissez bien, a-t-elle compté dans votre choix de venir jouer à l’Union ?

Ils ont joué un gros rôle. Mais le discours qu’a tenu Stéphane Dao quand je l’ai eu au téléphone pendant le mercato a joué un rôle essentiel. Ce qui est important pour moi, c’est de jouer pour le staff, le coach. Et puis il y avait ce que l’Union représente, qui évolue et s’est installée comme l’un des clubs les plus importants de la division. L’Union est ambitieuse, ce qui a matché tout à fait avec ma vision des choses de rester très compétitif.

L’an dernier, sitôt la saison terminée avec Chartres, vous êtes allé renforcer un club au Nigéria, puis avez enchaîné avec la Coupe d’Afrique des Nations avec la Guinée et enfin avec le championnat de Nationale 1 avec l’Union. C’est beaucoup, non ?

Ça n’a pas été évident parce qu’il y avait un peu de fatigue cumulée. Mais je suis très fier de ne pas avoir eu de gros pépin cette année, sauf une blessure au pied suite à un fait de jeu, pas une blessure musculaire. Ça passe par beaucoup de travail en dehors du terrain que ce soit mentalement, mais aussi hygiène de vie, sommeil, étirements et tout ce qui est soins en dehors du terrain.

Et ces longs déplacements avec l’Union, comment les vivez-vous ?

Je crois que les gens ont du mal à se rendre compte de la difficulté de la chose. Les déplacements, ce n’est pas évident. On a l’impression que même si on reste en France, on a un décalage horaire, un jet-lag en fait. Avec 10-12 heures de bus la nuit, entre les secousses, la lumière, etc., ce n’est pas évident de dormir. Mais c’est le meilleur choix pour ces déplacements. Prendre l’avion, c’est encore plus compliqué, avec les changements, les attentes… Et arrivés sur place, on est dans de bonnes conditions avec l’hôtel et tout ça. Mais ce n’est pas facile quand même.

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