April 13, 2026

Carte scolaire en Haute-Garonne : on prédit un avenir sombre dans les écoles les 5 prochaines années, ça commence cette année avec plus de 200 menacées de fermeture

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Le conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN), qui se réunit lundi 13 avril à Toulouse pour dessiner la nouvelle carte scolaire du 1er degré en Haute-Garonne, proposera 190 ouvertures de classes et 207 fermetures. Le département perd 2 687 élèves à la rentrée 2026 dont la moitié à Toulouse. Et cela va continuer.

C’est un véritable chamboulement qui s’opérera dès la rentrée 2026 dans les écoles de la Haute-Garonne, elles pourraient perdre 207 classes pour 190 ouvertures. Une nouvelle carte scolaire. C’est en tout cas sur cette base que les discussions iront bon train, lundi 13 avril, lors du conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN), présidé par le préfet, entre les différents membres : inspecteur d’académie, professeurs, élus, syndicats enseignants…

2 687 élèves en moins dans le département à la rentrée

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Toulouse à l’heure des paradoxes : alors que le nombre d’habitants a passé la barre des 530 000, les écoles ferment des classes et peinent à remplacer leurs professeurs absents. Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray annonce “1,7 million d’élèves en moins d’ici 2035” et le département ne sera pas épargné par cette “vague sismique” décrite par la rue de Grenelle. Récemment, Christian Mendivé, directeur académique départemental des services de l’éducation nationale (Dasen), a planté le décor :

10 000 élèves en moins d’ici 6 ou 10 ans

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“On a comptabilisé 2 687 élèves en moins attendus à la rentrée prochaine dans les écoles du département, dont la moitié à Toulouse. Dans les six ou dix prochaines années, selon les statistiques de l’Insee sur le taux de fécondité de la population, on va perdre environ 10 000 élèves dans les écoles, c’est une occasion à saisir pour reconstituer la brigade du remplacement”. Les fermetures de classes risquent de devenir un sujet majeur de la lutte des associations de parents d’élèves. Ils sont déjà des dizaines à se mobiliser chaque semaine pour protester, à Toulouse et partout dans le département.

Près de 55 classes menacées de fermer à Toulouse

À Toulouse, la question de la démographie scolaire dans une ville qui compte 213 écoles (maternelles et élémentaires) – près de 55 classes sont menacées de fermer sur 207 – est un sujet d’inquiétude pour Jean-Luc Moudenc. Réélu lors des municipales, il a toujours vanté les efforts de la collectivité en faveur de l’éducation en créant 38 nouvelles écoles depuis 2014. Si la Ville rose perd environ 1 400 élèves par an pendant six ans, quid des nouvelles écoles ?

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“En deux ans, j’ai vu deux classes fermer”

“On ne pense pas à une fermeture de l’école, mais à l’école des Amidonniers, j’aurai vu deux classes fermées depuis deux ans, se désole Marielle”, parent d’élève et présidente de l’APE de l’école toulousaine. Elle déplore un manque de moyens et la fermeture d’une classe de maternelle en 2026, “alors qu’on s’attend à des effectifs stables”. Son école, comme d’autres à Toulouse, a comptabilisé “plus de 100 jours de classe non remplacés et 50 élèves à répartir dans les autres classes”. Les parents d’élèves, qui ont lancé une pétition pour sauver leur classe, ont fait la demande “d’un report d’un an auprès de l’inspection académique”.

Pour lutter contre le non-remplacement chronique des enseignants absents, le Dasen compte créer 80 postes de remplaçants supplémentaires en récupérant des postes lors des fermetures.

“Il faut profiter de la baisse démographique pour améliorer les apprentissages”, estiment les syndicats

Vent debout contre les annonces faites par le Dasen de la Haute-Garonne, les syndicats enseignants se disent, au demeurant, conscients de la baisse de la démographie scolaire à venir. “Nous, avec les autres organisations syndicales et les parents d’élèves, on sort d’une semaine de grève reconductible et on essaie de mettre en avant que cette baisse démographique, qui est réelle, ne peut pas se faire au détriment de l’école publique. L’école publique, elle est déjà à genoux, explique le cosecrétaire du Snuipp-FSU31 Rémy Lasfargues. Il faut profiter de cette baisse démographique pour améliorer les conditions d’apprentissage des élèves, les conditions de travail des enseignants. Il faut un minimum maintenir le nombre de postes. Pour la Haute-Garonne, on demande encore plus, parce que c’est un département qui est en difficulté dans le premier degré.”

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