Le départ de Paris-Roubaix, la mythique course surnommée “l’Enfer du Nord” en raison de l’extrême difficulté de ses secteurs pavés, doit être donné ce dimanche 12 avril. Les organisateurs sont confrontés à un problème étonnant, le vol de pavés, qui fait craindre pour la sécurité des stars du peloton comme Tadej Pogacar, Mathieu van der Poel ou la tenante du titre Pauline Ferrand-Prévôt.
Comme chaque année lors de la semaine précédant Paris-Roubaix, les chèvres sont de sortie sur les 54,8 kilomètres de secteurs pavés du Monument français. Les caprins sont utilisés par l’organisation avant chaque édition dans le but de désherber les espaces entre les mythiques pavés de la course. Seulement, avant cette édition, les pauvres bêtes vont avoir un peu plus de travail.
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En effet, de larges trous sont apparus sur la chaussée de différents secteurs à la renommée internationale, tels que la “Trouée d’Arenberg” et le “Carrefour de l’arbre”, deux passages qui ont participé à faire la réputation de l’Enfer du Nord. En cause, des voleurs nocturnes qui, armés de pioches et de sarcloirs, viennent dérober un ou plusieurs pavés. “Ce sont des tronçons mythiques et les gens y volent des pavés pour les emporter en souvenir”, explique Thierry Gouvenou, directeur de la course, au quotidien néerlandais De Telegraaf ce mercredi 8 avril.
“Si un grand nom venait à chuter…”
“Ce que font ces gens peut être extrêmement dangereux. Imaginez ce qui se passerait si les coureurs roulaient dans un tel trou… Ils vont à 50 km/h sur ce tronçon”, s’alarme-t-il, assurant que cela pourrait “certainement provoquer des chutes”. Il poursuit : “Ce serait tout de même profondément triste si l’un de ces grands noms venait à chuter, simplement parce que quelqu’un trouve qu’un caillou de Paris-Roubaix fait bonne figure sur sa cheminée.”
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Il en appelle donc à la responsabilité de tous et assure que ses équipes redoublent d’efforts pour que tout soit fin prêt d’ici aux départs des courses masculines et féminines ce dimanche 12 avril. “Nous sommes de plus en plus confrontés à ce problème”, explique Gouvenou, également responsable du tracé du Tour de France chaque année. Les organisateurs multiplient donc les “contrôles” et rebouchent les trous provoqués par ces vols, grâce à un stock de pavés qu’ils gardent en réserve. Le but, éviter toute “influence sur le déroulement de la course”.
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“Cette course est déjà assez impitoyable comme ça”, estime Gouvenou, qui craint par-dessus tout que la course ne soit faussée par une chute de l’un des favoris, Van der Poel, Pogacar, Van Aert ou Pedersen, qui serait provoquée par un trou occasionné par un vol de pavé. D’autant que les secteurs de Paris-Roubaix sont déjà réputés pour abriter des pavés particulièrement disjoints, ce qui les rend dangereux, difficiles et propices à provoquer des crevaisons.

