Des secouristes et des habitants sur le site d’une frappe israélienne dans le quartier de Tallet al-Khayyat à Beyrouth, le 8 avril 2026. FADEL ITANI/AFP
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Au Liban, une journée d’horreur. Mercredi 8 avril, jour où un cessez-le-feu temporaire entre l’Iran et les Etats-Unis a été décrété in extremis, Israël a poursuivi ses bombardements massifs à sa frontière nord, notamment dans la banlieue de Beyrouth, faisant plus de 200 morts.
• 203 morts en une journée
L’armée israélienne a présenté l’opération comme sa « plus grande frappe coordonnée » contre le Hezbollah depuis le déclenchement de la guerre, disant avoir visé mercredi « des centaines » de membres du mouvement pro-iranien, dont un commandant.
Des bombardements sans avertissement sur des zones résidentielles de Beyrouth, qui ont fait 203 morts et plus de 1 000 blessés, selon un bilan actualisé jeudi matin du ministère de la Santé libanais. Ces attaques ont visé plusieurs quartiers au cœur de la capitale Beyrouth, provoquant des scènes de panique.
Depuis l’entrée en guerre du mouvement pro-iranien contre Israël, 1 739 personnes ont été tuées et 5 873 blessées au Liban. Le Premier ministre Nawaf Salam a décrété une journée de deuil national ce jeudi.
• Riposte du Hezbollah
En réaction à la « violation du cessez-le-feu » d’Israël, le Hezbollah a affirmé jeudi avoir lancé des roquettes sur l’Etat hébreu.
Estimant avoir « respecté le cessez-le-feu alors que l’ennemi ne l’a pas fait », le mouvement libanais pro-iranien a « ciblé la zone de Manara [de l’autre côté de la frontière avec Israël, NDLR] avec un barrage de roquettes » dans la nuit, a-t-il affirmé dans un communiqué. Le Hezbollah n’avait plus revendiqué d’attaques contre Israël depuis l’annonce il y a vingt-quatre heures d’une trêve de deux semaines entre les Etats-Unis et l’Iran, après trente-neuf jours de conflit.
Les gardiens de la révolution iraniens ont également menacé de répliquer après le « massacre brutal » à Beyrouth.
• « Le Liban saigne »
Pour Téhéran, ce cessez-le-feu au Liban constitue l’une des « conditions essentielles » de la trêve avec Washington, a rappelé mercredi le président iranien Massoud Pezeshkian, cité par l’agence Isna. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays s’est imposé comme médiateur dans la trêve, avait pourtant déclaré que le cessez-le-feu s’appliquait « partout », y compris au Liban, ce que les Etats-Unis ont ensuite démenti.
Un triste constat fait par le quotidien francophone « l’Orient – Le Jour » qui titre ce jeudi 9 avril : « Les autres signent… et le Liban saigne ».
• Des frappes qui fragilisent le cessez-le-feu
Les frappes israéliennes au Liban ont suscité de nombreuses condamnations, des Nations unies à l’Irak en passant par la Jordanie. Des bombardements qui font peser un « grave danger sur le cessez-le-feu et les efforts menés en faveur d’une paix durable et générale dans la région », a affirmé dans la nuit Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, par le biais d’un communiqué de son porte-parole. Volker Türk, le Haut-Commissaire des Droits de l’Homme de l’ONU, a jugé l’ampleur des tueries « épouvantable » et appelé la communauté internationale à aider à mettre fin au « cauchemar ».
Emmanuel Macron a insisté mercredi auprès de ses homologues américain, Donald Trump, et iranien, Massous Pezeshkian, sur la nécessité d’étendre au Liban le cessez-le-feu conclu avec l’Iran, « condition nécessaire » selon le président français pour qu’il soit « crédible et durable ». « Nous condamnons très fermement ces frappes », a-t-il ensuite martelé sur le réseau X.
De son côté, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a dénoncé des « attaques intolérables ».

