Alors qu’une journée blanche nationale du transport sanitaire est prévue ce mercredi 8 avril, à l’appel des ambulanciers, la mobilisation prendra une forme particulière. Toulouse, elle, répondra bien présent.
Ce mercredi 8 avril, les ambulanciers organiseront une nouvelle manifestation nationale, et Toulouse ne fera pas exception. Mais cette action prendra une forme particulière. Après avoir pris part, il y a quelques jours, à une mobilisation conjointe avec les routiers lors d’une opération escargot sur le périphérique toulousain, les ambulanciers adopteront une autre forme de protestation ce mercredi.
“De 8 h à 19 h, nous cesserons de répondre aux appels du Samu”, annonce Jean-Luc Bellaval, gérant des Ambulances du Lauragais. Bien que cette action soit moins visible pour le grand public, elle aura un impact significatif au sein de la profession, un aspect que le préfet de la Haute-Garonne semble avoir bien compris.
“Il nous a rapidement réquisitionnés, poursuit Jean-Luc Bellaval. Et nous sommes donc convoqués à la préfecture ce mercredi à 10 h pour le rencontrer, ainsi que la direction de l’ARS. De fait, une grande partie des équipes continuera à travailler, contrairement à ce qui avait été annoncé au départ.”
Une perte estimée de 10 à 15 % du chiffre d’affaires
Au cœur du mécontentement des ambulanciers, un projet de loi sur le transport d’urgences médicales qui, selon Jean-Luc Bellaval, n’a pas été concerté ni avec les ambulanciers ni avec le Samu. “Cette réforme, dont nous n’avons jamais eu le texte, pourrait transférer les missions de secours d’urgence aux pompiers et à la sécurité civile. Si cela se confirme, nous risquons de perdre entre 10 et 15 % de notre chiffre d’affaires, ce qui aurait un impact direct sur les emplois et sur les personnes qui en dépendent.”
Une crise à deux volets
Mais la crise des ambulanciers ne se limite pas à ce projet de loi. “Nous faisons face à un manque de visibilité quant à la pénurie de carburant”, ajoute Jean-Luc Bellaval. “En 2022, nous avons été soutenus, mais cette année, aucune aide substantielle n’a été accordée. Soixante-dix euros par mois et par véhicule, c’est dérisoire.”
“Nous voulons que le préfet reconnaisse notre rôle essentiel”
Les attentes sont grandes pour le rendez-vous prévu à la préfecture. “Nous voulons que la situation revienne à la normale. Nous demandons que les 4 000 interventions annuelles des ambulanciers à Toulouse soient préservées et que notre rôle ne soit pas oublié”, insiste Jean-Luc Bellaval. Concrètement, cela se traduit par l’abandon de ce projet de loi, accompagné de meilleures aides vis-à-vis du carburant.

