Après le succès probant décroché face à Bristol ce samedi 4 avril, en huitième de finale de la Champions Cup (59-26), l’ailier des “rouge et noir”, auteur d’un doublé, se projetait sur l’éventuel choc face au tenant du titre girondin, remake de la dernière demi-finale perdue par les Toulousains il y a près d’un an (18-35).
Est-ce un régal de jouer un tel match quand on est ailier ?
Oui, forcément. On l’a vu, on a essayé de prendre le maximum de plaisir. Sur ces matchs ouverts comme ça, quand on arrive à mettre les choses en place et libérer des espaces sur l’extérieur, forcément, ça fait plaisir. Le problème, c’est qu’on a à peine le temps de savourer qu’il faut déjà penser déjà à la semaine prochaine en fonction de l’adversaire qu’on aura à affronter.
À lire aussi :
INFO LA DEPECHE. Stade Toulousain : un international du pack s’inscrit dans la durée et prolonge jusqu’en 2029
Vous n’aviez pas marqué depuis mi-janvier même si votre saison était jusqu’ici prolifique avec 11 réalisations. Y a-t-il eu une forme de libération avec votre premier essai ?
Libération, non, parce que j’ai appris quand même par le passé à passer par des phases où je score un peu moins. Et à essayer d’être le plus présent pour l’équipe, à essayer d’être décisif d’autres façons. On peut faire des passes, on peut faire de bonnes actions défensives. On a la chance de faire un sport qui est assez complet. Alors même si forcément, quand on est ailier, on prend beaucoup plaisir à marquer des essais, des fois, il y a des matchs où ça ne se passe pas comme prévu en fonction de beaucoup de choses, des conditions, du combat qui se passe devant. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que quand on a les occasions, c’est bien de les prendre.
N’avez-vous pas été frustré de la feinte de passe de Kalvin Gourgues ?
Heureusement qu’il marque, hein (rires) ! Non, comme il marque, il n’y a rien à dire. On en a rigolé de suite après. Je suis très content pour lui aussi. Il fait une belle partie, je pense que c’est amplement mérité. Mais j’ai dit qu’il m’en devait une quand même (sourire) !
À lire aussi :
Stade Toulousain-Bristol : “Heureusement qu’il marque hein !” Quand Matthis Lebel chambre Kalvin Gourgues
Votre premier essai est vraiment un essai d’ailier. Vous passez dans un mouchoir de poche…
Ouais (rires) ! Quand ça se passe bien comme ça, quand on arrive à finir le coup, c’est très bien. Forcément, individuellement, ça met du baume au cœur, mais c’est surtout collectivement. Et c’est important de savoir, même si aujourd’hui le score est large, qu’on peut compter sur des mecs comme “Peat” (Mauvaka) qui marque, Teddy (Thomas) qui marque, Kalvin (Gourgues), ou que ce soit moi-même ce soir. Parce que plus la compétition va avancer, plus il sera important de mettre les essais au bon moment, parce qu’on n’aura pas tout le temps 100 000 occasions.
Est-ce que vous arrivez déjà à vous projeter sur le week-end prochain ? On vous promet des retrouvailles avec Bordeaux…
Je leur souhaite de faire le meilleur match possible et de gagner leur match. Maintenant, on va essayer de se concentrer sur nous. On sait qu’il y a de grandes chances que ce soit Bordeaux la semaine prochaine et on aura une bonne semaine pour s’y préparer. Et on sait qu’on aura forcément un gros rendez-vous.
Si c’est Bordeaux, est-ce qu’on a une vraie envie d’aller vers un rendez-vous comme ça quand on est joueur ?
On ne va pas y aller à la marche arrière (sourire) ! Non, forcément, si ce sont les Bordelais, on va se confronter à la meilleure équipe d’Europe. Ce sont eux les champions en titre. L’année dernière, ils font une magnifique saison, on perd contre eux en demi-finale, on saura à quoi s’attendre. Bien sûr qu’il y a cette rivalité, déjà entre les deux villes historiquement, mais en plus, maintenant, avec le rugby qu’ils proposent. Et de les voir au plus haut niveau européen et français, nous, on marche à ça aussi. On a envie de se confronter à ce qui se fait de mieux dans le monde. Donc, si c’est eux, il y aura un beau rendez-vous la semaine prochaine.
D’autant plus pour un ailier…
Je pense qu’il y a des rendez-vous partout aujourd’hui. Les matchs ne se gagnent pas à un seul joueur. On a vu la capacité qu’avait Bordeaux à créer un paquet d’avants assez solide, qui a su nous remettre en question sur la demi-finale de l’année dernière par exemple. Et après, forcément, si on perd ce combat devant, avec les qualités des joueurs qu’ils ont derrière, du numéro 9 au numéro 15, on sait que ça peut être très vite très compliqué. Donc il y aura des rendez-vous partout. Il n’y a pas forcément besoin de faire de fixette sur les ailiers, je dirais plus qu’il faut faire une fixette sur chaque joueur parce qu’ils sont tous déterminants dans leur équipe.
À lire aussi :
Stade Toulousain – Bristol : et maintenant direction Bordeaux pour un nouveau probable choc entre joueurs du XV de France
Avez-vous senti que l’appétit du groupe avait grandi dans la semaine ?
Oui, bien sûr. C’est une période qu’on affectionne. On sent que les regards changent. Ça peut se tendre aussi un peu parce que forcément, tout le monde a envie d’en être. Mais c’est un peu le carburant de l’équipe de savoir qu’il y a cette émulation au sein du groupe. Que le lundi, tout le monde a envie d’en être, le mardi, tout le monde a envie d’en être, jusqu’à la compo de l’équipe. Donc personne ne lâche rien, tout le monde bosse, et tout le monde travaille pour un objectif commun, ça, c’est le principal. Après, dire qu’on est arrivés, ça serait mentir. Même si les regards ont changé, on voit qu’il faut quand même continuer à mettre beaucoup d’application. Ou en tout cas de simplicité dans notre jeu pour continuer à travailler, et espérer aller le plus loin possible.

