Dans le cadre d’un nouveau dispositif, douze réfugiés ont été formés comme commis de cuisine. Ils viennent d’intégrer des hôtels et restaurants de Lourdes pour la saison, apportant une réponse concrète à la pénurie de main-d’œuvre.
Cinq ans plus tard, si le Covid est un lointain souvenir pour beaucoup d’entre nous, certains stigmates de cette crise sont toujours présents. À Lourdes notamment, où les cafés, hôtels et restaurants ont perdu près de 1 500 saisonniers, partis en reconversion ou travailler ailleurs pendant la crise sanitaire. Depuis, beaucoup ont pu être remplacés, mais le marché de l’emploi saisonnier reste en tension dans la cité mariale, qui a retrouvé un niveau de fréquentation comparable à 2019… Car les hôteliers et restaurateurs lourdais doivent désormais faire face au vieillissement de leurs “saisonniers historiques” (60 % ont plus de 55 ans)… Autrement dit, l’enjeu de trouver de nouveaux saisonniers et de pouvoir les “faire monter en compétences” n’a peut-être jamais été aussi prégnant à Lourdes.
C’est pourquoi l’association Atrium, acteur majeur de l’insertion dans les Hautes-Pyrénées, a souhaité innover. En partenariat avec le Groupement des hôteliers restaurateurs (GHR) de Lourdes, le Greta (la structure de l’Éducation nationale qui organise des formations pour adultes) et France Travail, elle a créé le dispositif “Dynamo”. Un parcours innovant qui a permis à douze bénéficiaires de la protection internationale (ou réfugiés) d’accéder à une formation qualifiante de commis de cuisine, puis à un emploi saisonnier dans l’hôtellerie-restauration lourdaise.
Place à la saison
Concrètement, à l’automne dernier, Atrium a identifié sur le bassin Tarbes-Lourdes des réfugiés motivés pour se former au métier de commis de cuisine. Puis, tout au long de l’hiver, ces douze bénéficiaires (originaires de Syrie, d’Ukraine, du Tibet, d’Éthiopie, d’Érythrée ou encore de Somalie) ont reçu une formation professionnelle complète, notamment au sein des plateaux techniques du lycée de l’Arrouza à Lourdes. En parallèle, ils ont également disposé de cours de langue française, avec un focus sur le vocabulaire propre au métier de cuisinier.
“Même si ces personnes travaillaient dans leur pays, elles doivent s’acculturer aux codes de l’entreprise en France, avance Grégory Pellerin, le directeur d’Atrium. La formation a aussi été complétée par un stage en immersion, au moment de l’anniversaire des apparitions, en février.”
La formation désormais achevée, sans le moindre absentéisme à signaler, le dispositif “Dynamo” est entré dans sa dernière phase, à savoir : la réalisation d’une saison complète à Lourdes, avec un suivi professionnel assuré par Atrium. Onze des douze bénéficiaires ont ainsi commencé leur emploi de commis de cuisine, à l’occasion du week-end de Pâques et pour une durée de sept mois, dans les hôtels et restaurants partenaires du dispositif.
“En fin de saison, un bilan sera établi avec l’ensemble des parties prenantes afin de proposer aux douze bénéficiaires un plan d’action pour la suite”, indique Grégory Pellerin. Nul doute que, s’ils répondent aux attentes, les réfugiés se verront proposer d’effectuer les prochaines saisons. De quoi leur permettre d’envisager un avenir professionnel durable en France, “une lumière au bout du tunnel” après des années de galère, tout en répondant à un réel besoin de main-d’œuvre dans l’hôtellerie lourdaise.

