March 31, 2026

"C’est la plus vieille mercerie de la ville" : cette commerçante installée depuis 31 ans dans une mercerie centenaire adresse ses adieux

l’essentiel
Avant de partir à la retraite, Georgette Eychenne ne voulait pas baisser le rideau sans adresser un message à ses fidèles clients, qu’elle côtoie depuis 31 ans. La mercerie centenaire de Pamiers tourne la dernière page de son histoire.

À l’heure de faire ses adieux, Georgette Eychenne a les yeux rougis et humides. “C’était difficile jusqu’à hier, mais maintenant ça va mieux, même si c’est encore émouvant”, confie la commerçante, installée dans le centre-ville depuis 31 ans. Samedi 28 mars, la gérante de l’historique mercerie de Pamiers, rue des Jacobins, part à la retraite. Elle tourne une page vieille de plus de 100 ans, au cœur de la ville aux trois clochers.

“Je veux remercier tous mes clients”

Pour elle, cette page est trop épaisse pour ne pas adresser un message de reconnaissance envers les personnes qui lui ont permis de demeurer dans le centre-ville pendant trois décennies. “Je veux remercier tous mes clients, qui ont toujours fait preuve de gentillesse, ainsi que ceux qui sont venus m’apporter des cadeaux”, énonce-t-elle. Elle a organisé un dernier rendez-vous jeudi 26 mars, un pot autour de ses fidèles visiteurs.

Depuis trois mois, la mercerie était en déstockage massif pour vider le stock du magasin. Vendredi 27 mars, il ne reste plus grand-chose dans ce local, que Georgette Eychenne a totalement redécoré suite à son arrivée, en 1995. “Quand je l’ai repris, je l’ai pris vraiment dans son jus. Je n’ai pas fait les travaux de suite, je ne les ai faits qu’après parce que j’estimais que les clients devaient déjà se faire au fait de changer de tête”, raconte la locataire des lieux.

Un lieu historique

À la fermeture d’un magasin très réputé en ville, elle avait regroupé l’activité lingerie de l’ancienne boutique dans son établissement, pour élargir son champ d’action. Avant tout cela, Georgette Eychenne a travaillé pendant 12 ans en ville. “J’ai eu un licenciement économique, mais quand je suis arrivée ici, les commerçants me connaissaient. On m’a proposé de racheter le fonds de commerce. J’ai dit pourquoi pas”, retrace-t-elle.

Même encore aujourd’hui, les clients appelaient la mercerie au nom des anciens propriétaires, qui avaient déjà fait durer l’expérience jusqu’au siècle d’existence. L’aventure aurait pu continuer, mais Georgette Eychenne n’a pas réussi à retrouver de repreneur. Il n’y avait jamais eu de fermeture temporaire de la mercerie pendant toutes ces années. “Quand je l’ai repris, ça l’a été trois jours après le départ des anciens propriétaires, ça a toujours été aussitôt vendu, aussitôt repris”, se souvient Georgette Eychenne.

“C’est une page qui se tourne”

“Sauf un miracle, que quelqu’un se présente, c’est fini, c’est une page qui se tourne”, réalise la commerçante. Le 53 rue des Jacobins a toujours été une mercerie. Il est maintenant un local à pourvoir, dans un secteur qui intéresse certains chercheurs d’emplacement pour de futurs commerces. Qui sait, peut-être que l’histoire de la mercerie de Pamiers ne se plonge que dans un sommeil. Ses clients historiques ne demandent qu’un réveil.

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