Condamné en février 2025 pour des violences sur un restaurateur toulousain, l’ancien président du Biarritz Olympique jouait un match judiciaire en appel ce lundi 30 mars 2026. En face de lui, Vincent un de ses anciens amis. Le patron du Stade Niçois conteste une culpabilité qu’il juge infondée.
Le match retour a enfin commencé. Ce lundi 30 mars, l’ambiance feutrée de la cour d’appel de Toulouse contrastait vivement avec le souvenir du parking du stade Ernest-Wallon, où tout a basculé. À la barre, Jean-Baptiste Aldigé, 41 ans, conteste avec fermeté les violences qu’il aurait commises sur Vincent, un ancien ami qui est parti avec l’épouse de l’ancien président. Les faits ont été commis le 5 juin 2022, dans l’effervescence de l’après-match entre le Stade Toulousain et le Biarritz-Olympique (BO). Le 11 février 2025, le tribunal de police de Toulouse l’avait condamné en première instance à 300 € d’amende avec sursis et 700 € de frais de justice. « J’étais là pour mon travail. J’ai croisé mon ex-compagne qui souhaitait me parler. Des insultes ont été proférées et l’on m’a dirigé vers une autre direction », a expliqué calmement l’ancien dirigeant biarrot.
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Les racines d’un conflit personnel
Ce dossier s’enracine dans une rupture sentimentale douloureuse survenue en 2018. À l’époque, celui qui préside désormais le Nissa Rugby est quitté par sa compagne alors qu’elle est enceinte. Quelques semaines plus tard, elle refait sa vie avec Vincent, un restaurateur toulousain qu’il connaît très bien. C’est ce dernier qui sera présent lors de la naissance de la fille de Jean-Baptiste Aldigé. Depuis cet épisode, le climat entre les deux hommes est resté électrique, saturé de non-dits et de provocations réciproques.
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L’énigme des caméras de surveillance
Le litige porte sur une altercation survenue lors de la clôture de la saison 2022. À l’audience, les versions s’entrechoquent comme deux piliers en mêlée. D’un côté, le restaurateur dénonce des violences physiques ; de l’autre, Jean-Baptiste Aldigé assure qu’aucun coup n’a été porté : « On s’est insultés, empoignés, mais rien de plus. La police a tout vu. » Pourtant, les caméras du stade sont restées étrangement aveugles ce jour-là. Aucune image, aucun son, ni aucun témoin direct n’ont pu confirmer ou infirmer les coups. Pour la défense, le dossier est vide, bien que les éléments aient convaincu le premier juge. « Je n’ai pas agressé cet homme. Nous avons eu une simple empoignade », a martelé le prévenu. La présidente a néanmoins rappelé que « deux certificats médicaux font état de traces sur le visage de Vincent qui ne semblent pas liées à l’interpellation par la police ».
Les réquisitions et le délibéré
Pour Me Jacques Derieux, avocat de la partie civile, la culpabilité ne fait aucun doute. « Il est venu à notre rencontre, pas l’inverse. Mon client ne cherche pas l’argent et ne réclame qu’un euro symbolique ; il souhaite simplement que justice soit faite », a-t-il plaidé. L’avocat a également déploré l’absence de preuves matérielles : « Faire face à une personnalité du rugby à Toulouse semble impossible. Les vidéos ont disparu, personne ne souhaite parler. »
Le procureur a abondé dans ce sens, évoquant une situation récurrente dans le milieu : « Cela rappelle de nombreuses procédures impliquant des rugbymen. Les vidéos ne fonctionnent jamais, les preuves ne sont pas conservées. Est-ce de la solidarité ou une protection pour éviter des sanctions ? Ces vidéos ont existé mais elles ont étrangement disparu. ». Il a requis une amende de 500 € et la confirmation de la condamnation. À l’opposé, la défense a plaidé la relaxe : « Mon client n’est pas rugbyman et a pourtant été condamné. Aucun élément objectif, parmi 12 000 supporters, ne prouve qu’il a frappé le plaignant. »
La décision a été mise en délibéré au 23 juin, à 14 heures

