Une pompe à essence à Montaigu-Vendée, le 15 mars 2026. MATHIEU THOMASSET / HANS LUCAS VIA AFP
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Devant la colère des agriculteurs et des transporteurs, le gouvernement a laissé entendre ce lundi 30 mars que les aides gouvernementales pour compenser la flambée des carburants pourraient être prolongées, sans calmer les transporteurs décidés à se mobiliser toute la semaine.
« Elle pourrait l’être », a déclaré la ministre déléguée à l’Energie Maud Bregeon alors qu’elle était interrogée sur RTL sur une éventuelle reconduite en mai de l’aide déjà annoncée, confirmant les propos un peu plus tôt du ministre des Transports. « On sera aux côtés des secteurs les plus en difficulté », a ajouté Maud Bregeon.
Transporteurs, agriculteurs et pêcheurs réclament davantage que le plan gouvernemental d’environ 70 millions d’euros annoncé vendredi.
Pour les transporteurs, une aide de 50 millions d’euros est prévue en avril pour les entreprises en difficulté, équivalant à 20 centimes d’euros par litre de carburant.
Un mini-plan d’aides jugé « pas à la hauteur »
« La mobilisation continue », a déclaré ce lundi une porte-parole de l’Organisation des transporteurs routiers européens (Otre), qui a organisé une opération escargot lundi matin sur le périphérique parisien.
A l’appel de l’Otre, qui avait jugé samedi l’aide de l’Etat « pas à la hauteur », plusieurs dizaines de camions et gros cars de tourisme ont parcouru dans le calme le périphérique depuis la porte de Vincennes, occupant deux voies sur quatre pour y perturber la circulation.
L’Otre prévoit aussi des opérations mardi dans le Lot-et-Garonne, dans l’Aveyron, en Nouvelle-Aquitaine et dans les Pays de la Loire, mercredi à Toulouse, en région PACA et à Rennes, et vendredi à Besançon. Une manifestation est aussi prévue mardi dans la Marne, à l’initiative de la Fédération nationale des Transporteurs (FNTR).
« Il faudrait 50 centimes. Sinon ce sera des faillites, on ne peut pas continuer à travailler à perte », a assuré à l’AFP la trésorière de la Fédération des autocaristes indépendants et gérante de la société de location de cars Ulysse Cars, Sarah Bahezre.
En moyenne, le litre de gazole à 2,23 euros
Pour tenter d’apaiser la colère, le ministre des Transports Philippe Tabarot a souligné sur Europe 1 et CNews que les aides annoncées seraient « peut-être reconductibles si la situation perdure, en mai, en juin ». Chez les agriculteurs, le puissant patron de la FNSEA, également très mécontent du plan d’aide au secteur, a été reçu lundi par le Premier ministre : Arnaud Rousseau lui a demandé un soutien accru et Sébastien Lecornu s’est dit « prêt à aller plus loin si la guerre devait se poursuivre ».
Les agriculteurs bénéficieront en avril d’une exonération du droit d’accise sur le gazole non routier (GNR) utilisé dans les tracteurs, pour un coût d’environ 14 millions d’euros, soit une baisse de « quatre centimes d’euros par litre », selon une source gouvernementale. « Notre demande est claire, c’est 30 centimes du litre », a déclaré Arnaud Rousseau, estimant que la hausse des prix du GNR comme des engrais n’était « pas supportable » pour les exploitants alors qu’ils sont en pleine période de travaux dans les champs.
Lundi, les prix des carburants restaient orientés en légère hausse, selon les chiffres du gouvernement analysés par l’AFP. Le gazole, carburant le plus consommé, se vendait 2,23 euros le litre en moyenne (sur 8 809 stations recensées), contre 1,720 euro le 27 février. L’exécutif n’envisage pas de baisser les taxes sur les carburants, qui représentent 50 à 55 % du prix à la pompe. Des mesures générales coûteraient « beaucoup d’argent » et seraient « sans doute très peu efficaces », a assuré le ministre de l’Economie Roland Lescure, en marge du salon Global Industries.

