Association, bénévoles et bénéficiaires de paniers solidaires se sont unis pour aider Albert Bonnal, maraîcher, à réinstaller des serres sur ses parcelles. L’exploitant estime avoir été abandonné des syndicats et de ses assureurs suite à des dégâts engendrés par des intempéries.
Plusieurs années d’affilée, Albert Bonnal a connu de nombreux revers dans son activité de maraîchage. Le producteur, installé chemin du Fitou, au nord de la ville, a subi tempêtes, inondations et même une tornade. Autant d’événements météorologiques fragilisant ses cultures. 1 500 m² de serres ont volé en éclats. Un bilan matériel très lourd.
Face à cette situation, un élan de solidarité s’est créé. L’association syndicale des familles (ASF) du Lauragais, accompagnée de bénévoles et de bénéficiaires de paniers solidaires de fruits et légumes, a prêté main-forte à Albert Bonnal. Le chantier de reconstruction des serres du maraîcher a commencé mardi dernier sur sa parcelle. Ensemble, ils tentent de relever l’exploitation de 1 500 mètres carrés, dévastée par une tornade en 2023. “On n’a pas été pris en charge ni par l’assurance, ni par le Département, ni par l’État”, déplore l’agriculteur, qui dénonce un manque total de soutien.
Un préjudice à six chiffres
L’absence d’arrêté de catastrophe naturelle au moment des faits a plongé l’exploitation dans une impasse critique. Faute d’une reconnaissance officielle des dégâts liés aux intempéries, Albert Bonnal n’a pu être indemnisé. Ce dernier se souvient de la venue de plusieurs syndicats agricoles sur son exploitation. Ils se seraient engagés à entreprendre des démarches afin de soutenir le producteur dans son activité. Une aide qu’Albert Bonnal attend toujours. “On s’est retrouvé le bec dans l’eau et complètement abandonnés”, confie-t-il après avoir subi des tempêtes successives avant le sinistre final.
Le préjudice financier, estimé entre 120 000 et 160 000 euros, inclut les pertes de production et le coût des structures métalliques pliées par les vents. Pour survivre, le maraîcher a dû réduire son personnel de quatre personnes à deux, puis une seule. “Pendant plus de deux ans, on ne pouvait pas rémunérer les employés”, précise l’un de ses soutiens.
Le démontage des anciennes serres effectué, place au remontage définitif des structures. Un travail de longue haleine, qui devrait s’achever d’ici la fin de l’année. Une échéance cruciale, afin d’assurer la prochaine saison hivernale. “Sans serre, on ne pourrait rien produire l’hiver”, reconnaît l’agriculteur. Cette étape technique nécessite des conditions météorologiques précises, notamment de la chaleur et une absence de vent pour que le plastique se dilate. Derrière l’initiative de l’ASF pour soutenir son maraîcher partenaire, l’enjeu du soutien aux productions locales plane, dans une période où l’agriculture française demeure malmenée par des accords commerciaux avec les pays du Mercosur.

