À 51 ans, Freddy Richard, en fauteuil roulant depuis sa naissance, recherche un poste administratif à temps partiel dans l’agglomération toulousaine. Malgré une formation qualifiante, plusieurs stages et un parcours bénévole solide, il peine à décrocher un emploi.
Freddy Richard ne demande pas un traitement de faveur : il demande simplement un travail.
À 51 ans, cet habitant du quartier de Borderouge, à Toulouse, aimerait qu’on lui laisse “sa chance” : celle d’occuper un poste administratif à temps partiel, compatible avec son handicap et ses besoins d’adaptation.
En fauteuil roulant depuis sa naissance, Freddy a grandi en institution avant de gagner son autonomie en intégrant un appartement à l’âge de 22 ans. Longtemps éloigné de l’emploi, il décide de se reconvertir après son divorce, en 2013, alors qu’il obtient la garde en alternance de son fils de dix ans.

Son objectif est clair : se former pour travailler et améliorer ses revenus assurés principalement par l’allocation aux adultes handicapés (AAH), soit environ 1 000 euros par mois. En 2015, il intègre ainsi le Centre régional de rééducation professionnelle (CRP) de Toulouse, où il obtient un diplôme d’agent administratif et d’accueil.
Des centaines de candidatures sans réponse
Depuis, il multiplie les démarches, sans relâche : “Cela fait presque dix ans que je postule. Je ne demande pas une fortune. 400 à 500 euros, ça me suffirait”, résume-t-il. Des centaines de candidatures ont été envoyées, avec quelques entretiens à la clé, mais aucun emploi pérenne. “C’est décourageant, mais je continue.”
Pourtant, Freddy dispose déjà d’une expérience solide. Il a effectué plusieurs stages financés par France Travail. Il a aussi acquis de l’expérience dans le bénévolat, notamment aux Restos du Cœur et aux Dauphins du TOEC, où il s’est investi dans des tâches administratives et dans l’univers du handisport.
“Une énergie communicative”
L’un de ses anciens encadrants, dans le groupe Les Chalets, Jérôme Laverdure, garde de lui un souvenir marquant.
Après l’avoir accueilli en stage en 2016 à plusieurs reprises, il l’avait même recruté en contrat à durée déterminée dans le cadre d’une activité saisonnière. Au sein de son restaurant audois, il s’occupait de la comptabilité et de diverses tâches administratives pendant quelques mois.
“Freddy apporte énormément à une équipe. Il a une énergie et une bienveillance communicatives”, souligne-t-il. En raison de recettes en baisse, il ne peut plus l’accueillir.
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L’un des principaux freins à son insertion reste aujourd’hui matériel. Pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions, Freddy a besoin d’équipements adaptés.
Un dossier de financement avait été engagé à l’époque, mais il n’a jamais abouti. “Sans cela, je ne peux pas travailler efficacement.”
Freddy se dit pourtant prêt à occuper un poste à raison d’une vingtaine d’heures par semaine, en télétravail ou en présentiel. “Je ne cherche pas la pitié, je veux juste une place dans la société. J’ai toute ma tête, je ne suis pas sous tutelle”, insiste-t-il. Malgré les silences, les refus et les blocages administratifs, il refuse de baisser les bras.
Son témoignage, dit-il, se veut “une bouteille à la mer”. Avec l’espoir qu’un employeur, quelque part dans la région toulousaine, accepte enfin de lui ouvrir la porte.

