Nous avions demandé à Bernard Viviès d’être notre témoin à Béziers, en pensant qu’une victoire agenaise lui permettrait d’oublier quelques instants la sinistre finale de 1984 perdue aux tirs au but face à ces mêmes Biterrois.
En plus de dix ans de présence au SUA, où le natif de Rieumes a décroché ses galons d’international, le titre en 1982 et le Challenge du Manoir l’année suivante, il continue à garder des contacts à Agen. Boute-en-train très apprécié, il était aussi un animateur des troisièmes mi-temps au café de la Poste de Jacques. Au temps de Bernard Laporte, il fut responsable des lignes arrières du XV de France. Aujourd’hui retiré du rugby actif, il suit les performances du SUA, qui reste son club de cœur.
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Il a été un téléspectateur très attentif, et ne cache pas sa déception devant la tournure des évènements : « J’ai été un peu surpris par le début de match. J’ai pensé à une promenade de santé pour des Agenais qui maîtrisaient parfaitement leur sujet face à des Biterrois incapables de produire quoi que ce soit. Des Agenais entreprenants, qui se voient refuser deux essais sur l’ensemble du match. Le premier, c’est clair et net. Le second, c’est plus discutable. Après, tu tombes dans l’indiscipline. Tu prends 17 ou 18 pénalités. Tu ne tues pas le match. Tu laisses les adversaires revenir dans le match. Pourtant, il reste des choses intéressantes sur l’organisation offensive. La patte de Guillaume Jan porte ses fruits progressivement, mais les difficultés en mêlée sont curieuses. Les Agenais nous avaient habitués à mieux. Il aurait peut-être fallu être plus dominateurs devant, notamment sur les impacts, pour pouvoir proposer du jeu après. »
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Les Agenais, Mauricio Reggiardo en tête, avaient annoncé qu’ils allaient à Béziers pour faire un résultat. Cette lourde défaite est-elle un coup d’arrêt ? Bernard Viviès le craint : « Avec la défaite d’Oyonnax à Valence, on aurait pu continuer à espérer. Là, c’est plus délicat. Si on veut parvenir à un résultat, il faut avant tout éviter de laisser des points en route aussi facilement. Sur le second essai refusé, tu joues la pénalité à la main, tu échoues, et, dans la foulée, tu prends trois points. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. »
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Bernard Viviès n’en perd pas pour autant son humour bien connu : « Pourtant, on est moins en souffrance que l’année dernière ! On peut se réjouir de cela. » C’est vrai qu’il faut relativiser, mais cela n’atténue pas la déception des supporters. En tout cas, on ne doit pas se démobiliser à la veille de la réception de Vannes, auquel la prestation agenaise pourrait donner des idées.

