La lutte contre la fraude douanière s’intensifie en Haute-Garonne. En 2025, plus de 1,8 tonne de tabac et 1,7 tonne de stupéfiants ont été saisis. Les contrefaçons explosent, tout comme la vigilance face au protoxyde d’azote.
La révélation des chiffres annuels des saisies par la Direction régionale des douanes de Toulouse reste toujours un moment assez hallucinant en termes de photographie de la crapulerie en matière de trafics en tous genres. Ce vendredi 27 mars, sous les mots de son directeur régional Max Ballarin, les douanes ont encore fait part de saisies aussi significatives que dramatiques pour l’année 2025. “On a affaire à des délinquants toujours plus ingénieux, à la pointe des nouvelles technologies. On sait s’adapter avec nos 300 douaniers répartis sur l’ensemble du territoire de l’ex-région Midi-Pyrénées”, confie Max Ballarin.
Produits saisis sur la route, dans les épiceries, les bars à chicha, à l’aéroport aussi
Pas de surprises, c’est bien en Ariège et en Haute-Garonne que les agents des douanes continuent à ratisser le plus. Et c’est toujours la lutte contre la fraude douanière en matière de tabac qui génère les plus grosses prises. En Haute-Garonne l’an passé, 297 contentieux ont permis la saisie de 1 856 kg de tabac de contrebande, le tout pour une valeur marchande de 623 225 €. Des contrôles bien sûr effectués sur les routes (souvent frontalières d’Espagne ou d’Andorre), mais aussi dans des épiceries de nuit ou des bars à chicha, des établissements parfois marqués du sceau de l’opacité, comme à Muret où le gérant d’un bar à chicha s’est vu signifier une fermeture administrative temporaire de 180 jours. Les exemples de ce type pleuvent en 2025.
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Tabac, mais aussi stupéfiants. Quatre-vingt-sept contentieux ont été réalisés l’an passé, qui ont permis la saisie de 1 778 kg, essentiellement de cannabis, pour une valeur marchande de près de 8 millions d’euros. Un exemple de la gangrène rencontrée par les douaniers : à l’aéroport de Toulouse, un passager de nationalité lettone est contrôlé par la brigade des douanes de Blagnac ; dans la doublure de son sac à dos, entre deux cartons collés, se trouve une plaque entourée de scotch marron et de papier carbone, laquelle renferme 2 090 grammes de cocaïne. Le trafic de drogue fait pulluler la délinquance et les douaniers font activement partie de la lutte contre ce fléau, qui n’épargne ni Toulouse ni la Haute-Garonne.

Bientôt le protoxyde d’azote
Mais ce sont les contrefaçons qui sont en très nette augmentation par rapport à 2024. Les douaniers ont mis la main l’an passé sur 132 849 articles de fausses marques, près de 10 % rien que sur un seul contrôle dans trois boutiques toulousaines de vente d’accessoires de téléphonie (écouteurs, coques de téléphones faussement estampillés de la marque à la pomme).
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“Deux nouvelles menaces se développent de manière inquiétante en matière de produits toxiques, ajoute Max Ballarin : les drogues liées aux agressions sexuelles (le nettoyant GBL transformé en GHB dite “drogue du viol”), mais aussi le protoxyde d’azote détourné de son but initial.” Dès aujourd’hui, bien que non classé dans les produits stupéfiants, la douane peut intercepter le protoxyde d’azote sur la base d’arrêtés préfectoraux départementaux qui en interdisent le transport, la circulation et la détention par les particuliers.

