Une station essence Ampol à Queensland, en Australie, le 12 juillet 2024. RAFAEL BEN-ARI/NEWSCOM/SIPA
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Si la guerre au Moyen-Orient a un coût environnemental direct très fort, elle a aussi un coût indirect. Près d’un mois après les frappes américaines et israéliennes, les tensions ne faiblissent pas et notamment en matière énergétique. La fermeture rapide après le déclenchement de la guerre du détroit d’Ormouz par l’Iran a provoqué une flambée des prix de l’énergie – notamment des carburants – que chaque pays tente de contenir. Parfois au détriment de l’environnement.
L’Australie a ainsi annoncé jeudi 26 mars abaisser les normes de qualité des carburants pour permettre l’injection de quelque 200 millions de litres sur le marché intérieur durant les deux prochains mois. Concrètement, le pays va autoriser temporairement « des niveaux de soufre plus élevés pour les 60 prochains jours », a indiqué le ministre de l’Energie, Chris Bowen, dans un communiqué. Les teneurs en soufre sont d’ordinaire soumises à une réglementation pour limiter la pollution de l’air. « Cela permettra d’ajouter quelque 100 nouveaux millions de litres par mois à l’approvisionnement intérieur australien en essence, qui auraient autrement été exportés », a exposé Chris Bowen.
D’après le Trésorier d’Australie Jim Chalmers, ministre responsable du Budget de l’Etat fédéral, le pays dispose d’« assez de carburant », mais il existe des problèmes d’approvisionnement, en particulier dans les zones rurales.
Au Vietnam, les autorités ont décidé de retirer une taxe environnementale pour faire baisser le prix de l’essence. Une stratégie payante économiquement car le coût de l’essence sans plomb a reculé de 26,17 % et celui du gazole de 15,42 %. « Du 26 mars 2026 à minuit jusqu’au 15 avril 2026 inclus, le taux de la taxe pour la protection de l’environnement sur l’essence (hors éthanol), le diesel et le carburant aérien sera de 0 dong par litre », a indiqué le gouvernement dans un communiqué la semaine dernière.
Regain d’activité pour les centrales à charbon
Dans d’autres pays d’Asie, les centrales à charbon regagnent du terrain pour tenter de pallier une éventuelle pénurie énergétique. C’est le cas au Japon qui a annoncé assouplir temporairement ses restrictions sur les centrales à charbon. Le gouvernement a présenté ce projet vendredi à un panel d’experts, qui l’a approuvé, a précisé le ministère de l’Industrie sur son site internet.
« Compte tenu de la situation actuelle au Moyen-Orient qui affecte les prix des combustibles, nous pensons que l’incertitude concernant les futurs achats de GNL augmente », a déclaré un responsable du ministère lors de la réunion diffusée en ligne. « Nous pensons qu’il sera nécessaire, en augmentant l’opération des centrales à charbon, de garantir un approvisionnement stable », a-t-il ajouté.
Les fournisseurs d’électricité étaient jusqu’ici incités par le gouvernement à maintenir le taux de fonctionnement des centrales thermiques au charbon, très émettrices de dioxyde de carbone, à 50 % ou moins. Mais l’exécutif prévoit désormais d’autoriser l’exploitation à pleine capacité de centrales plus anciennes et moins efficaces, selon le projet présenté. Le Japon produit environ 70 % de son électricité grâce à des centrales thermiques – 30 % au charbon, 30 % au gaz naturel liquéfié (GNL), et un peu moins de 10 % au pétrole.
Même schéma en Corée du Sud qui prévoit de lever le plafond mis en place sur la capacité de production de ses centrales à charbon, tout en augmentant le fonctionnement de ses centrales nucléaires. Aux Philippines, la ministre de l’Energie Sharon Garin a également indiqué mardi dernier vouloir augmenter la production des centrales à charbon afin de maintenir des prix de l’électricité abordables. « Nous avons discuté avec les entreprises de production d’électricité et les centrales à charbon pour évaluer dans quelle mesure elles peuvent augmenter leur production », a déclaré Sharon Garin, indiquant que cette mesure « temporaire » pourrait entrer en vigueur dès le 1er avril.

