March 26, 2026

PORTRAIT. Miraculé d’un accident de la route, amputé et sauvé par Pascal Obispo… qui est Nicolas Lacambre qui participe au marathon de Montauban

l’essentiel
Violemment percuté par une voiture en 2008, Nicolas Lacambre doit la vie à l’intervention salvatrice de Pascal Obispo. Amputé d’une jambe et d’un bras, le Girondin enchaîne depuis 2022 les marathons. Ce dimanche, il prendra le départ de celui de Montauban (Tarn-et-Garonne). Retour sur la trajectoire singulière de celui que l’on surnomme “l’homme de fer”.

Au milieu du peloton du marathon de Montauban (Tarn-et-Garonne), parmi les 5 000 coureurs au départ du cours Foucault, un léger cliquetis métallique devrait tinter, discret mais régulier, au gré des foulées, dimanche 29 mars 2026. Presque chaque mois, Nicolas Lacambre troque sa prothèse en carbone pour une lame en acier et avale 42,195 kilomètres de bitume.

 

Nicolas Lacambre participe au marathon de Montauban ce dimanche.
Nicolas Lacambre participe au marathon de Montauban ce dimanche.
DDM – Manuel Massip

Dimanche, quinze jours après avoir bouclé le marathon de Barcelone, il sera au départ de celui de la cité d’Ingres — l’un des seuls à proposer une catégorie handisport — après avoir été sollicité par la municipalité. “Le service des sports de la mairie m’a remarqué l’an dernier et m’a invité pour cette 18e édition”, confie l’homme de 41 ans.

En 2025, le natif de Gironde a couru 12 marathons. Son credo : “Le mouvement est le meilleur médicament”. Son surnom : “L’Homme de fer”. Un sobriquet qu’il tient de Pascal Obispo, son ange gardien, avec qui il a noué un lien fort depuis son grave accident.

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Accident de la route en 2008

Un soir de février 2008, alors qu’il sillonne les routes aux abords du bassin d’Arcachon (Gironde) à moto, Nicolas Lacambre est percuté par une voiture sortie de sa voie. Son bras gauche s’arrache à l’impact. Le conducteur, accompagné de ses trois enfants, prend la fuite, laissant la victime seule sur la route. “Je ne réalisais pas la gravité de mes blessures et, avec l’adrénaline, je ne ressentais même pas la douleur, se souvient-il. J’ai appelé ma compagne pour lui dire que j’avais une entorse.”

Alerté par une lumière, un automobiliste s’arrête et le met hors de la chaussée pour éviter un nouveau drame, avant de prévenir les secours. “Il a fait preuve de sang-froid et d’un vrai sens de l’héroïsme”, salue Nicolas Lacambre. À leur arrivée, les pompiers constatent que le jeune homme, alors âgé de 24 ans, a perdu beaucoup de sang. “Ils pensaient que j’allais mourir.”

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Après trois semaines de coma et plusieurs mois d’hôpital, il survit, malgré l’amputation de sa jambe gauche. Ce n’est qu’alors qu’il apprend que son sauveur se nomme Pascal Obispo. Un an plus tard, les deux hommes se rencontrent par hasard. “J’ai fondu en larmes. C’est lui qui m’a offert la vie que j’ai aujourd’hui et qui m’a permis de voir mes enfants grandir.” Depuis, ils sont restés proches.

Reconstruction

S’ouvre alors le temps de la reconstruction. Une période que Nicolas Lacambre aborde avec optimisme et philosophie. Il découvre la vie en situation de handicap. “Je devais aller chercher ma fille à l’école à cloche-pied. La chaussée n’était pas adaptée à un fauteuil roulant”, se souvient-il. Agacé, le père de famille crée alors plusieurs associations et milite pour faciliter le quotidien des personnes en situation de handicap.

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Après des années à s’engager pour les autres, il se consacre à lui-même. En 2022, 14 ans après son accident, Nicolas Lacambre reprend le sport, lui qui avait été champion de France de saut en hauteur dans sa jeunesse. “Je ne pouvais pas courir un kilomètre sans perdre mon souffle.” Mais il ne lâche rien. Grâce à une lame en acier offerte par son prothésiste, l’athlète se met en tête de courir le marathon de Paris, un “objectif impossible” pour certains de ses proches.

Il réussit finalement ce pari, qui lui donne envie d’aller encore plus loin : courir dix marathons en un an. Un défi relevé dans la douleur. “Au bout de 15 kilomètres, j’ai des douleurs au niveau du moignon à cause de la transpiration. La peau s’ouvre. Je finis souvent en sang.” Il continue malgré tout. Après le marathon de Montauban, Nicolas Lacambre vise désormais une épreuve de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc. Toujours en mouvement.

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