La base lunaire devient la priorité de la Nasa, qui gèle le projet de station orbitale Gateway. Prévue pour 2029, elle se voit affecter 20 milliards de dollars pour sa construction. L’agence spatiale américaine espère envoyer les premiers astronautes sur la Lune dès 2028 et établir une présence durable sur la Lune dès 2032, face à la concurrence chinoise.
La Nasa a annoncé ce mardi 24 mars qu’elle allait suspendre le projet de construction d’une station spatiale autour de la Lune, nommée Gateway, afin de concentrer ses efforts sur la création d’une base sur le sol lunaire, pour laquelle 20 milliards de dollars ont été promis. “Nous suspendons le projet Gateway sous sa forme actuelle et nous nous concentrons sur la mise en place d’une infrastructure permettant d’assurer une présence durable à la surface de la Lune”, a indiqué le nouveau patron de l’agence spatiale américaine, Jared Isaacman, à Washington.
Cette décision doit permettre de rediriger les efforts et les ressources vers la construction de la base près du pôle Sud lunaire déjà envisagée, a-t-il expliqué. La zone est stratégique en raison de la présence d’eau sous forme de glace dans ses sols. “La base lunaire ne verra pas le jour du jour au lendemain. Nous investirons environ 20 milliards de dollars au cours des sept prochaines années et la construirons au fil de dizaines de missions, en collaboration avec des partenaires commerciaux et internationaux”, a-t-il ajouté.
La Nasa cherche à ne pas se faire rattraper par la Chine
Le programme Artémis de la Nasa prévoit de renvoyer des astronautes sur la Lune et d’y établir une présence humaine durable, en vue de préparer de futures missions vers Mars. Mais face aux multiples retards et explosions des coûts qu’il a enregistrés et face à la pression de la Chine, qui ambitionne également d’envoyer des hommes et d’établir une base sur la surface lunaire dans les années à venir, la Nasa cherche aujourd’hui à simplifier et accélérer ce programme. Elle avait annoncé fin février de premiers changements importants destinés à augmenter la cadence et à rattraper le retard.
Dans ce contexte, la suspension de l’ambitieuse station Gateway était attendue, ce projet ayant été qualifié de gaspillage financier par rapport à d’autres ambitions lunaires. Cette station en orbite devait servir aux projets d’exploration lunaire mais aussi de recherche scientifique, et était pensée comme point d’étape pour de futures missions vers Mars.
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“Bien que cela reste pertinent pour les futurs objectifs d’exploration, cela n’est pas indispensable pour atteindre nos objectifs principaux”, a souligné ce mardi Carlos Garcia-Galan, directeur adjoint du programme Gateway à la Nasa.
Un retour prévu sur la Lune en 2028
La question se pose maintenant de savoir ce qu’il va advenir des composants ou modules de Gateway déjà construits ou en cours de développement, qui sont pour certains fournis par des partenaires internationaux, dont les agences spatiales européenne (ESA) et japonaise (JAXA).
“Malgré les difficultés rencontrées avec certains équipements existants, [la Nasa] remploiera le matériel utilisable et s’appuiera sur les engagements des partenaires internationaux pour soutenir” les autres objectifs d’Artémis, dont l’instauration d’un camp de base, a assuré ce mardi le patron de la Nasa. Sollicitée par l’AFP, l’ESA a fait savoir qu’elle menait “actuellement des consultations étroites avec ses États membres, ses partenaires internationaux et l’industrie européenne afin d’évaluer les implications de cette annonce”.
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La base lunaire sur laquelle la Nasa recentre ses efforts devrait commencer à être construite à partir de 2029 et à être occupée de manière semi-permanente à partir de 2032, a précisé l’agence spatiale américaine. Elle prévoit le retour des premiers astronautes sur la surface lunaire en 2028, une étape qui dépendra grandement du succès de la mission Artémis 2, qui doit décoller de Floride au plus tôt le 1er avril.

